Roberto Gualtieri, le président de la commission ‘affaires économiques et monétaires’ (ECON) du Parlement européen, a déclaré, dans un communiqué de presse daté de jeudi 15 février, que « la majorité des groupes politiques » avait été davantage convaincue par Philip Lane, le gouverneur de la Banque centrale irlandaise, que par Luis de Guindos, le ministre espagnol des Finances, à l’issue d’une audition relative à leur candidature à la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE).
Les deux hommes étaient effectivement invités à présenter leur programme aux députés de la commission ECON du Parlement européen, mercredi 14 février. Ce, alors que M. Lane et M. de Guindos se sont officiellement déclarés candidats à la succession du Portugais Vitor Constâncio, dont le mandat s’achèvera fin mai (EUROPE 11956).
M. Gualtieri a ajouté que certains groupes avaient exprimé « des réserves » à l’élection de M. de Guindos à la vice-présidence de la BCE. À l’inverse de la candidature de M. Lane, celle de l’actuel ministre espagnol des Finances est, dans une certaine mesure, plus politique. M. Gualtieri a néanmoins jugé que les deux candidats avaient effectué « une bonne présentation ».
M. de Guindos part pourtant favori, comme nous l’a confié une source diplomatique. La France soutiendra d’ailleurs « très probablement » la candidature de ce dernier, d'après Reuters. S’exprimant devant les médias, mercredi soir, M. de Guindos s’est effectivement déclaré « optimiste » quant à l’issue de l’élection, rappelant l’importance de ce poste pour l’Espagne.
Le communiqué de M. Gualtieri ajoute, en outre, que les membres de la commission ECON regrettent qu’aucune femme n’ait été présentée comme candidate, appelant « à une représentation plus équilibrée à la BCE ». Cette même source nous a rapporté que les groupes S&D et Verts/ALE sont tout particulièrement préoccupés par cette absence de parité.
Les ministres des Finances de la zone euro devraient se positionner lors de la réunion de l’Eurogroupe, qui se tiendra lundi 19 février (voir autre nouvelle), avant le vote formel d'une recommandation le lendemain en Conseil réuni en formation 'Ecofin'. Si le candidat doit théoriquement recueillir le soutien de 14 États représentant 65 % de la population, il semblerait que les ministres préfèrent aboutir à un consensus.
Après une nouvelle audition au PE, le candidat élu sera ensuite formellement nommé par les chefs d'État et de gouvernement de l'UE réunis en Conseil européen. (Lucas Tripoteau)