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Bulletin Quotidien Europe N° 11839
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

L’heure tourne

Les négociateurs du Brexit ont pratiquement renoncé à l’échéance du mois d’octobre pour conclure la première phase des négociations sur le Brexit, à moins que le Royaume-Uni ne modifie sa position sur le solde budgétaire de retrait de l'Union européenne.

Les Britanniques ont refusé de présenter un document de synthèse sur la 'facture' liée à la sortie de l'UE et ont passé la deuxième session de négociations sur le Brexit de la semaine dernière - la plus importante après la réunion organisée au cours d’une journée en juin - à « interroger » l’UE sur sa position de négociation (EUROPE 11834).

Cette attitude a quelque peu agacé le négociateur en chef du Brexit pour l’UE, Michel Barnier, qui a prévenu les ambassadeurs européens, le 26 juillet, qu’il ne laisserait pas le Royaume-Uni adopter les mêmes tactiques lors d’un prochain tour de négociations fin août.

Mais peu s’attendent à voir le pays changer d’attitude avant la convention annuelle du parti conservateur qui se tiendra lors de la première semaine du mois d’octobre. Ce calendrier ne laissera que peu de temps aux dirigeants de l’UE pour juger à la fin du mois si des « progrès suffisants » ont été réalisés dans les trois dossiers prioritaires, à savoir les droits des citoyens, le solde budgétaire de retrait de l'UE et la question de la frontière entre l’Irlande et l'Irlande du Nord.

Or, cette décision doit être prise avant de pouvoir passer à la deuxième étape des négociations consacrée aux relations futures notamment commerciales, ce que le Royaume-Uni et plusieurs pays de l’UE (dont les Pays-Bas, le Danemark, l’Irlande et d’autres pays du Nord) attendent avec impatience.

Les négociateurs britanniques préviennent qu’ils n’accepteront aucun chiffre, ni même aucune méthodologie acharnée et précipitée, avant de connaître les lignes de l’accord commercial qui régira les échanges bilatéraux après le Brexit. Selon eux, un document de synthèse sur cette question n’est pas nécessaire.

Un responsable européen impliqué dans les négociations a déclaré que le Royaume-Uni jouait un « jeu dangereux ». « Ils sont au volant d'une Mini Cooper et veulent jouer au plus fort avec une Mercedes », a-t-il malicieusement lancé. « Nous ne sommes pas pressés », a déclaré un autre responsable présent à la réunion des ambassadeurs de l’UE, en précisant que la date limite d’octobre n’était « pas gravée dans le marbre ».

Selon plusieurs responsables, M. Barnier et son approche envers les négociations ont suscité l’unanimité lors de la réunion. Certains ambassadeurs l’ont même encouragé à rester calme et à maintenir le cap.

L’UE resserre également le jeu avec le Royaume-Uni sur la question des droits des citoyens. Elle refuse de céder face aux Britanniques qui souhaitent se passer du contrôle juridictionnel de la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans leur pays après le Brexit (EUROPE 11816).

Les responsables européens se sont toutefois montrés plus optimistes en ce qui concerne les avancées qui seront réalisées sur ce sujet à l’automne. Il existe notamment des points de convergence entre les deux parties, par exemple sur le droit d’acquérir la qualité de résident permanent, et de bénéficier de ses avantages sociaux, après cinq ans.

Le Royaume-Uni a également assoupli son discours sur la migration, alors que la ministre de l’Intérieur, Amber Rudd, a déclaré cette semaine qu’elle souhaitait mettre en place un « système d’immigration qui fonctionne pour tout le monde ».

Une position de négociation de l'UE sur la question irlandaise à l'automne

Pour sa part, l’UE élabore une position de négociation sur l’Irlande pour cet automne. Il s’agira du dernier document important rédigé par les Européens après les neuf textes consacrés à des questions telles que le traité Euratom, les affaires judiciaires en cours d'instruction auprès de la CJUE et les marchandises mises sur le marché le jour du Brexit (EUROPE 11819).

Certains responsables avancent que les négociations sur les questions irlandaises relèveront de la sphère « politique ». Les documents débattus ne devraient donc pas proposer de solutions pour la frontière séparant l’Irlande et l’Irlande du Nord.

Entre-temps, la date limite de soumission des candidatures pour accueillir l’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’Autorité bancaire européenne (EBA) après le Brexit est fixée au lundi 31 juillet à minuit (voir autre nouvelle). Plus de 20 États membres devraient présenter une offre pour l’EMA, qui emploie plus de 900 personnes et est actuellement basée à Londres.

Le prochain tour des négociations sur la sortie du Royaume-Uni devrait avoir lieu pendant la semaine du 28 août à Bruxelles, alors que les responsables européens se tiennent prêts à se réunir durant l’été le cas échéant. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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