Le président français, Emmanuel Macron, a illustré sa vision d'une « Europe qui protège » à travers la directive 'détachement des travailleurs' dont la révision devra être basée sur le principe 'à travail égal, salaire égal', jeudi 25 mai lors d'une visite au siège de la Commission européenne, en marge du sommet de l'OTAN.
La proposition initiale de révision qu'a présentée la Commission en mars 2016 constitue « un premier travail important », mais je souhaite que nous allions « plus loin sur les modalités du contrôle » et appliquer « jusqu'au bout » le principe 'à travail égal, salaire égal', « avec toutes les conditions qui vont derrière et des règles applicables qui évitent l'optimisation », a déclaré M. Macron, à l'issue de sa rencontre avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. « Sinon, l'Europe est incompréhensible » pour nos citoyens, a-t-il souligné, tout en reconnaissant que les intérêts de pays d'Europe centrale et orientale pouvaient être différents.
M. Juncker a qualifié de « première » qu'un président nouvellement élu en visite à Bruxelles évoque avec lui « l'Europe sociale ». Il a promis que l'institution européenne ne dévierait pas de la trajectoire fixée pour la révision du droit communautaire en la matière, au nom de la lutte contre le 'dumping social' (EUROPE 11783).
Le président français a fait un parallèle entre la nécessité pour la France de se réformer en profondeur et pour l'Europe de redonner du sens à son projet, en protégeant davantage les citoyens, « dans un cours du monde qui n'est plus compris ». D'où l'importance, selon lui, d'agir en cohérence au niveau européen sur « les travailleurs détachés, la convergence fiscale, la réciprocité commerciale, la défense, la réforme du droit d'asile ». M. Macron a aussi estimé « indispensable » d'insuffler plus d'ambition à la zone euro en posant « les jalons d'une plus grande convergence de nos économies et d'une relance de l'investissement ». (Mathieu Bion)