Les ministres de l’Agriculture des États membres de l’UE se réunissent à Malte, de dimanche 21 mai à mardi 23 mai, pour débattre notamment, le dernier jour, des défis de l’agriculture dans le contexte du changement climatique et de la gestion des ressources en eau.
Dans un document destiné à nourrir les débats des ministres, la Présidence maltaise du Conseil de l’UE souligne la nécessité, face aux défis du changement climatique et des ressources en eau, de renforcer le rôle de la recherche et d’assurer une meilleure gestion de la demande en eau. Elle suggère aussi une révision, si nécessaire, des obligations auxquelles sont soumis actuellement les agriculteurs et de prévoir des soutiens pour qu’ils adaptent leurs pratiques. Le document insiste aussi sur la nécessité de développer les outils de gestion des risques, un thème qui fait partie de la réflexion sur la politique agricole commune (PAC) post-2020.
Deux commissaires européens seront présents pour participer à ce débat de mardi qui sera présidé par Roderick Galdes, le secrétaire d'État maltais à l'Agriculture : le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan et le commissaire à l’Environnement, Karmenu Vella, dont les services travaillent en commun sur le problème de la gestion durable de l’eau.
La PAC identifie la gestion des ressources en eau et le changement climatique comme deux priorités importantes, rappelle le document de la Présidence. Il précise qu’un soutien est accordé aux exploitants pour promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l'environnement. « Néanmoins, la menace de la détérioration des conditions climatiques nécessite une analyse sur d’autres mesures à long terme pour garantir la diversification et la durabilité de l’agriculture ».
L’effort de recherche, innovation et de partage des connaissances doit être amplifié pour couvrir plus globalement « l’impact du changement climatique et la gestion des ressources en eau », estime la Présidence maltaise. La première étape devrait être, selon elle, d’avoir une évaluation des disponibilités en eau. Le document de travail propose, dans ce contexte, une « gestion innovante et intégrée des ressources en eau centrée sur la demande » : participation des utilisateurs aux projets, contrôles, méthodes d’irrigation efficaces, recours aux ressources « non conventionnelles » (eaux recyclées et salines).
La Présidence maltaise souligne le besoin d’attribuer aux agriculteurs des soutiens flexibles afin de les aider à s’adapter aux conséquences du changement climatique et aux problèmes d’approvisionnement en eau.
Résilience et gestion des risques. Enfin, souligne la Présidence maltaise, « la résilience demande aussi des initiatives renforcées en matière de gestion des risques » pour l’agriculture. Le secteur financier est appelé à développer des instruments tels que les ‘obligations catastrophes’ ou des critères d’assurance (indices de vulnérabilité’) qui évaluent le risque individuel des exploitations et procurent le degré de couverture approprié.
Lors d’une conférence organisée le 11 mai à Bruxelles par le Bureau européen de l’environnement et Birdlife, M. Hogan avait souligné qu’il avait mis sur pied, avec Karmenu Vella, un groupe de travail sur la gestion durable de l’eau pour l’agriculture de l’UE. Ceci, pour garantir une « collaboration à long terme entre les différents services de la Commission », a expliqué le commissaire à l’Agriculture.
Omnibus. Les experts du Comité spécial Agriculture (CSA) se réuniront dimanche 21 mai pour discuter des négociations sur le règlement 'omnibus', après les amendements votés en commission de l’Agriculture du Parlement européen (EUROPE 11782). (Lionel Changeur)