Le ministre maltais chargé de l'Énergie, Konrad Mizzi, s'est dit « optimiste », après la réunion informelle des ministres de l'Énergie de l'UE, jeudi 18 mai à La Valette, quant à la possibilité que le Conseil dégage une position commune avant le terme de la Présidence maltaise, fin juin, sur les propositions de directives révisées sur l'efficacité énergétique et sur la performance énergétique des bâtiments.
Jeudi, les débats sur ces deux textes du vaste paquet de mesures pour l'énergie propre, présenté par la Commission le 30 novembre (EUROPE 11679), ont porté sur deux questions clés : - savoir si la proposition de directive révisée sur l'efficacité énergétique offre la flexibilité nécessaire aux États membres pour accroître leurs économies d'énergie tout en garantissant un niveau d'ambition significatif ; - le rôle des contrats de performance énergétique dans la mise en œuvre des mesures d'efficacité énergétique dans le secteur public. L'objectif de la Présidence maltaise était de faciliter l'obtention d'approches générales au Conseil sur ces deux textes lors du Conseil Énergie du 26 juin à Luxembourg.
Dans les discussions au Conseil sur la directive 'efficacité énergétique' révisée, le dernier compromis de la Présidence maltaise permet aux États membres qui dépassent leurs objectifs d'économies d'énergie à l'horizon 2020 de reporter les gains supplémentaires à la prochaine période et il réduit aussi le montant des économies d'énergie exigées de 1,5% à 1,4% par an.
Face au lobby dans plusieurs États membres (Italie, France, République tchèque, Pologne, Slovénie, Bulgarie et Hongrie) pour affaiblir la proposition initiale de la Commission, qui repose sur un objectif contraignant de 30% d'efficacité énergétique à l'échelle de l'UE à l'horizon 2030 et sur les obligations d'économies d'énergie pour les utilisateurs finaux de 1,5% par an, l'eurodéputé Claude Turmes (Verts/ALE) disait, jeudi matin, compter sur la Suède, le Danemark, l'Allemagne, le Luxembourg et l'Irlande pour constituer une minorité de blocage « progressiste » pour contrer cette démarche.
À l'ouverture des travaux, les représentants des entreprises membres de l'Alliance européenne pour les économies d'énergie (qui rassemble notamment Oracle, Veolia, Philips, Saint-Gobain, Schneider et Siemens) ont appelé les ministres à conserver la nature contraignante de l'objectif d'efficacité énergétique de l'UE à l'horizon 2030 et d'élever son niveau d'ambition à 40%. Ils ont aussi exprimé leurs préoccupations sur les récentes propositions visant à affaiblir les dispositions contraignantes tendant à atteindre 1,5% d'économie d'énergie par an pour les utilisateurs finaux. (Emmanuel Hagry)