Les casinos européens ont contre-attaqué, jeudi 27 avril, après la publication par l'ONG Transparency International d'un rapport sur l'insuffisance de la lutte contre le blanchiment d'argent en Europe (EUROPE 11774).
Selon le premier scénario de TI, ceux qui pratiquent le blanchiment d'argent via les casinos achètent des jetons en larges quantités en payant en liquide, n'en jouent qu'une partie et vont se faire rembourser des jetons restants via un chèque ou un virement du casino, comme si tous ces jetons étaient le fruit de gains au casino.
« Ce scénario est entièrement infaisable », explique l'association européenne des casinos (ECA). Un scénario dans lequel des larges montants de liquides seraient échangés alors qu'une personne ne parie pas beaucoup « serait extrêmement suspicieux et serait suivi d'une enquête », précisent les casinos européens.
Autre scénario mis en avant par TI : les organisations criminelles se mettent à gérer leurs propres casinos ou sites de jeux. « Les systèmes de licence en Europe garantissent que la propriété soit établie conformément aux lois nationales » et incluent des « contrôles stricts et sérieux » de même que des contrôles sur l'origine des fonds et sur le personnel. À la connaissance de l'ECA, il n'existe pas de preuves que des casinos détenant une licence dans l'UE aient été infiltrés avec succès par des organisations criminelles.
L'association européenne réfute aussi le fait qu'il soit possible d'acheter des jetons à un prix plus élevé et de s'en servir comme monnaie d'échange (par exemple pour acheter de la drogue) ou encore de compliquer la traçabilité de fonds en échangeant des jetons similaires de plusieurs casinos de la même entreprise. (Élodie Lamer)