Dans un rapport sur la faisabilité et les défis de l'objectif de 100% d'énergies renouvelables, publié le 3 avril et promu par le biais d'un séminaire sur Internet, mercredi 5 avril, le réseau mondial multipartite pour la promotion des politiques en faveur des énergies renouvelables, REN 21, qui collabore avec le PNUE, l'AIE, la Banque mondiale et l'IRENA, souligne qu'une large majorité (90%) de 114 experts en matière d'énergie répartis dans toutes les régions du monde considère que les technologies liées aux énergies renouvelables permettent d'abaisser les barrières d'accès aux services énergétiques pour les communautés.
Près de 100 millions de personnes à travers la planète reçoivent actuellement de l'électricité par l'intermédiaire de systèmes de distribution d'énergies renouvelables dont les marchés connaissent une croissance rapide, assure le réseau REN 21.
Plus de 70% des 114 experts interrogés pour son étude, notamment les experts européens et australiens, considèrent qu'une transition mondiale vers 100% de renouvelables est « faisable et réaliste ».
L'étude met en exergue un large consensus sur l'idée que l'électricité d'origine renouvelable sera prédominante à l'avenir, de nombreux experts soulignant que même des multinationales choisissent de plus en plus des produits renouvelables, soit à partir d'opérateurs, soit par des investissements directs dans leur propre capacité de production.
L'étude souligne aussi que de nombreuses entreprises, régions, îles et villes se sont déjà fixé des objectifs de 100% d'énergies renouvelables.
Près de 70% des experts interrogés s'attendent à ce que la baisse des coûts des renouvelables se poursuive et que ces énergies deviennent moins chères que les combustibles fossiles d'ici 10 ans, les énergies éolienne et solaire étant déjà rentables dans la plupart des pays de l'OCDE.
En outre, des pays aussi divers que la Chine et le Danemark démontrent que la croissance du PIB peut être découplée de l'augmentation de la consommation d'énergie.
En revanche, les experts interrogés issus d'Afrique, des États-Unis et du Japon sont sceptiques quant à la possibilité d'atteindre l'objectif de 100% de renouvelables dans leurs propres pays d'ici 2050, en grande partie en raison des intérêts particuliers de l'industrie des énergies conventionnelles.
Les experts estiment aussi qu'il n'existe pas de solution suffisante pour transformer le secteur des transports, notamment en substituant les moteurs à combustion par des moteurs électriques. Un changement modal sera nécessaire pour passer, par exemple, de la route au rail.
Enfin, les experts relèvent que le manque de certitude concernant des politiques à long terme et l'absence d'un climat stable pour les investissements dans l'efficacité énergétique et les renouvelables entravent l'essor de ces dernières dans la plupart des pays.
« Des vœux pieux ne nous amèneront pas vers cet objectif. C'est seulement en saisissant pleinement les défis et en engageant un débat éclairé sur la façon de les surmonter que les gouvernements pourront adopter de bonnes politiques et des incitations financières pour accélérer le rythme de déploiement », conclut le réseau REN 21, dans un communiqué. (Emmanuel Hagry)