Dans le cadre d'une initiative visant à montrer leur engagement en faveur de l'accord climatique international de Paris et de la transition énergétique durable, les entreprises du secteur européen de l'électricité se sont engagées, mercredi 5 avril, à ne pas construire de nouvelles centrales à charbon à partir de 2020. Les compagnies électriques grecques et polonaises n'ont cependant pas soutenu cette disposition.
Représentant 3500 entreprises à travers l'Europe et un chiffre d'affaires global de 200 milliards d'euros, l'association paneuropéenne de l'industrie électrique, Eurelectric, a affirmé la détermination du secteur à « jouer un rôle clé dans la transition énergétique en fournissant de l'énergie propre à tous les Européens et en faisant de l'électricité un fournisseur central pour une économie à faible intensité de carbone », annonçant son intention de ne pas investir dans de nouvelles centrales électriques à charbon après 2020 (une disposition qui n'est toutefois pas soutenue par ses membres polonais et grecs).
« L'engagement du secteur de l'électricité à fournir une alimentation neutre en carbone d'ici 2050 et à assurer un approvisionnement en électricité à prix compétitif et fiable (...) couplé avec l'électrification de secteurs clés tels que le chauffage et refroidissement et les transports apporteront une contribution majeure pour la réalisation des objectifs climatiques », affirme-t-elle dans une déclaration.
« L'électricité est sur la bonne voie pour devenir un fournisseur d'énergie neutre en carbone. Utilisée plus largement, elle ouvrira la porte à de nombreux changements positifs, des retombées dans les secteurs qui n'ont actuellement aucune perspective de devenir pleinement durables », ajoute-t-elle.
Pour Eurelectric, les mécanismes basés sur les marchés, tels que les marchés du carbone, sont les instruments « les plus rentables et les plus efficaces » pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre et stimuler les investissements dans les technologies sobres en carbone et l'efficacité énergétique.
« Seule la combinaison d'un système ETS réformé efficacement et une re-conception du marché de l'électricité peuvent conduire à des signaux de prix du carbone durables et crédibles afin de stimuler les investissements dans des technologies à faible teneur en carbone », poursuit la déclaration.
« Le secteur de l'électricité investit déjà largement dans des solutions innovantes et sobres en carbone pour assurer un approvisionnement en électricité neutre en carbone d'ici 2050, et il n'a pas l'intention d'investir dans de nouvelles centrales à charbon après 2020 », ajoute-t-elle.
« La transition dans le secteur de l'électricité nécessite un cadre réglementaire cohérent avec des instruments politiques complémentaires et clairement ciblés, ainsi qu'un équilibre entre les incitations et la protection des investisseurs », a estimé le président d'Eurelectric et PDG de la compagnie électrique portugaise EDP, António Mexia, dans un communiqué.
« Le secteur draine déjà des investissements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les décideurs politiques doivent adopter une approche équilibrée et axée sur le marché pour la transition énergétique durable. Leur défi dans les deux prochaines années sera de cibler les instruments politiques, de veiller à ce qu'ils soient complémentaires et avancent la décarbonisation et l'électrification en même temps », a insisté, devant la presse, le secrétaire général d'Eurelectric, Kristian Ruby. (Emmanuel Hagry)