La Commission européenne a rejeté, mercredi 5 avril, le projet de rachat de Cemex Croatia par les cimentiers HeidelbergCement et Schwenk, par l’intermédiaire de leur entreprise commune Duna Dráva Cement (DDC).
L'institution européenne craignait que l’opération ne réduise de manière significative la concurrence sur les marchés du ciment gris et ne provoque une hausse des prix en Croatie. Les parties « n’ont pas proposé les mesures correctives nécessaires pour apaiser ces craintes », a expliqué la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager.
Cemex Croatia est actuellement le plus grand producteur de ciment du pays, tandis que DDC et HeidelbergCement sont les plus grands importateurs.
Le rachat aurait éliminé la concurrence entre les entreprises en concurrence directe pour les clients de ciment en Croatie et aurait conduit à la création d'une position dominante sur les marchés. Les parts de marché cumulées des parties auraient été d'environ 45 à 50 % et auraient atteint plus de 70 % dans certaines régions.
L'enquête de la Commission a également montré que la société DDC poursuivait une stratégie visant à augmenter ses ventes en Croatie, entraînant des prix plus compétitifs pour les clients croates ces dernières années. Le rachat aurait éliminé cette concurrence.
En outre, la Commission a trouvé des éléments spécifiques démontrant que les prix du ciment allaient augmenter sensiblement à l'issue de l'opération.
Pour les concentrations « entre concurrents directs, on a généralement une préférence pour une solution structurelle, comme la vente d’une usine », a expliqué Mme Vestager. Mais les parties ont décidé de ne pas offrir ce genre d’engagements. « À la place, elles ont proposé de donner accès à un concurrent à un terminal de ciment en Croatie », a-t-elle ajouté, expliquant que l’examen de cette proposition auprès des acteurs du marché l’avait convaincue que cette solution ne répondait pas à ses inquiétudes.
'Oui' sous condition à une concentration dans le secteur des pesticides
Mercredi, la Commission a, par ailleurs, accepté un projet de concentration uniquement assorti de conditions dans le secteur des pesticides.
Les deux entreprises concernées sont Syngenta, principal fournisseur mondial de pesticides, et ChemChina, groupe présent sur les marchés européens des pesticides par l'intermédiaire d'Adama, sa filiale basée en Israël. Adama est le premier producteur mondial de pesticides génériques.
La Commission craignait que l'opération, telle qu’initialement présentée, ne réduise la concurrence sur une série de marchés existants pour les pesticides. Il y avait également un risque qu’elle ne réduise la concurrence sur le marché des régulateurs de croissance végétale.
Les parties ont offert de vendre une part majeure des activités qui se chevauchent, notamment certains pesticides de Syngenta ainsi qu'une partie significative de l’activité existante d'Adama.
La Commission s'est dite satisfaite de ces engagements. (Élodie Lamer)