La Commission européenne a salué, jeudi 30 mars, la signature de la déclaration ministérielle MedFish4Ever qui contient une série d’actions pour les dix prochaines années visant à sauver les ressources halieutiques de la Méditerranée et à protéger la richesse écologique et économique de la région.
Les objectifs sont ambitieux, mais réalistes, estime la Commission dans un communiqué de presse.
Plus de 300 000 personnes sont employées directement sur les navires de pêche présents en Méditerranée, tandis qu'un nombre bien plus grand d'emplois indirects est tributaire de ce secteur. La déclaration a été signée par les représentants ministériels des côtes septentrionale et méridionale de la Méditerranée. Elle est le fruit d'un processus lancé par la Commission européenne à Catane (Sicile), en février 2016.
Pour Karmenu Vella, le commissaire responsable notamment des Affaires maritimes et de la Pêche, il s’agit d’un jour « historique ». « Nous affirmons notre volonté politique d'entreprendre des actions concrètes en matière de pêche et d'autres activités qui ont une incidence sur les ressources halieutiques, sur l'économie bleue, sur l'inclusion sociale et sur la solidarité entre les rives nord et sud de la Méditerranée ». Il espère que cette déclaration sera considérée comme un « tournant » vers un avenir meilleur à la fois pour les pêcheurs, les communautés côtières et les ressources halieutiques.
Les signataires s’engagent à accomplir notamment les actions suivantes : - d'ici à 2020, tous les principaux stocks de la Méditerranée feront l'objet d'une collecte de données et d'une évaluation scientifique appropriée sur une base régulière ; - mettre en place des plans de gestion pluriannuels couvrant toutes les pêcheries importantes (la Commission a déjà présenté une proposition sur les stocks de petits pélagiques dans la mer Adriatique) ; - mettre fin à la pêche illégale d'ici à 2020 en veillant à ce que tous les États membres disposent du cadre juridique et des capacités humaines et techniques nécessaires pour assurer leurs tâches de contrôle et d'inspection. La Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) sera à l'avant-garde du développement des systèmes nationaux de contrôle et de sanctions ; - soutenir durablement la pêche et l'aquaculture à petite échelle, grâce à la rationalisation des régimes de financement en faveur de projets locaux (modernisation de la flotte afin d'adopter des techniques et engins de pêche à faible incidence, inclusion sociale et participation des pêcheurs à la protection de l'environnement).
La mise en œuvre effective de la déclaration sera rendue possible en associant au processus les pêcheurs, hommes et femmes, les communautés côtières, la société civile, le secteur de la pêche industrielle, à petite échelle, artisanale et récréative, ainsi que l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture et la CGPM. La diminution des stocks halieutiques de la Méditerranée menace les emplois : environ 90 % des stocks évalués sont surexploités.
Les parties suivantes ont été représentées à la conférence ministérielle de Malte MedFish4Ever : la Commission européenne, huit États membres (Espagne, France, Italie, Malte, Slovénie, Croatie, Grèce, Chypre), sept pays tiers (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Turquie, Albanie, Monténégro), la FAO, la CGPM, le Parlement européen, le Conseil consultatif de l'UE en Méditerranée.
L'ONG Oceana a salué cette déclaration permettant aux pays de s'engager à suivre les avis scientifiques pour garantir une gestion durable des ressources et la reconstitution des stocks halieutiques sévèrement surexploités. L'eurodéputée Renata Briano (S&D, italienne) a évoqué la pertinence socio-économique de la pêche artisanale (plus de 80% de la flotte méditerranéenne) et la nécessité d'associer les pêcheurs dès que possible à la prise de décision sur les mesures affectant leurs activités. (Lionel Changeur)