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Bulletin Quotidien Europe N° 11758
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ACTION EXTÉRIEURE / Tunisie

L’aide européenne critiquée par la Cour des comptes de l'UE

L’aide fournie à la Tunisie par l’UE depuis 2011 a « été utilisée à bon escient » et « les fonds ont été bien dépensés, puisqu’ils ont largement contribué à la transition démocratique et à la stabilité économique » du pays après la « révolution », écrit la Cour des comptes européenne dans un « Rapport spécial » rendu public mardi 28 mars.

L’UE a « rapidement accordé (son) appui financier (...),  mais la Commission a voulu s'occuper d'un trop grand nombre de domaines, ce qui a eu pour effet d'atténuer l'impact potentiel de son aide et de rendre ses nombreuses activités difficiles à gérer », a déclaré Karel Pinxten, le membre de la Cour des comptes responsable du rapport. « Dans ce contexte, il est essentiel que l'appui financier de l'UE soit géré efficacement ».

Le rapport relève que la « coordination avec les grands donateurs ainsi qu'au sein des institutions de l'UE et de leurs services » a, certes, été « bien assurée », néanmoins, « un certain nombre d’insuffisances a été constaté ».  Le rapport cite le retard dans l’application des réformes dont les progrès formaient une condition de l’aide : « Les auditeurs considèrent que les autorités tunisiennes ont mis en place des réformes importantes, mais à un rythme très lent ». Et « pour deux secteurs sur trois, l'appui budgétaire manquait de stratégies sectorielles crédibles. Dans certains cas concernant l'appui budgétaire, mais aussi des projets autonomes, les objectifs n'étaient ni spécifiques ni mesurables ».

Pour remédier à ces insuffisances, la Cour recommande au Service européen pour l’action extérieure et à la Commission de « concentrer l’aide sur un nombre limité de domaines, d’améliorer la mise en œuvre des programmes d’appui budgétaire, ainsi que de mieux planifier les programmes et de les appliquer plus rapidement ». Selon la Cour, dans ses recommandations, le Service pour l'action extérieure et la Commission « devraient notamment renforcer la programmation et le ciblage de l'aide ». Pour sa part, « la Commission devrait revoir les modalités de mise en œuvre des programmes d'appui budgétaire » et elle « devrait également améliorer la planification des projets en définissant des objectifs clairs et des indicateurs réalistes pour le suivi de la performance ». (Fathi B’Chir)

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