La procédure de divorce est lancée. Mercredi 29 mars, à midi, l’ambassadeur britannique auprès de l’UE, Tim Barrow, a apporté au président du Conseil européen Donald Tusk la lettre de déclenchement par le Royaume-Uni de l’article 50 du Traité, engageant ainsi formellement le retrait du pays de l'Union européenne.
Cette lettre de six pages, qui était attendue depuis le résultat du référendum du 23 juin 2016 sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union (EUROPE 11580), avait été signée la veille au soir par le Premier ministre, Mme Theresa May.
Devant les députés britanniques, mercredi, elle a déclaré qu’il s’agissait là d’un événement historique et qu’il n’y aurait « pas de retour en arrière ». Assurant que « les meilleurs jours étaient à venir » pour son pays, elle a dit vouloir construire avec les 27 autres États membres un « partenariat fort et profond ».
Dans sa lettre, elle insiste surtout sur sa volonté de négocier en même temps le divorce avec l’Union européenne et le cadre de la future relation commerciale et économique avec les Vingt-sept, en l’occurrence un accord de libre-échange.
Cette exigence lui a toutefois déjà été refusée par le Parlement européen, qui est soucieux de voir les étapes respectées: le divorce d’abord, puis la négociation d’une nouvelle relation (voir aussi autre nouvelle). La chancelière allemande Angela Merkel s’est, elle aussi, positionnée sur cette ligne, mercredi, assurant que les termes du divorce devaient être fixés avant que ne débutent les discussions sur la future relation avec Londres.
Dans la lettre d’activation de l’article 50, Mme May fait valoir l'importance de la continuité des relations entre son pays et l'Union. « Il est dans les meilleurs intérêts du Royaume-Uni et de l'Union européenne que nous utilisions le processus à venir pour atteindre ces objectifs de manière juste et ordonnée et avec le moins de perturbations possibles de part et d'autre. Nous voulons nous assurer que l'Europe reste forte et prospère, et qu'elle soit capable de projeter ses valeurs, de mener le monde et de se défendre contre les menaces à la sécurité ».
Mme May a été très claire sur ce que Londres attend de cette négociation: « Nous voulons parvenir à un partenariat approfondi et spécial entre le Royaume-Uni et l'UE, en prenant en compte la coopération économique et la coopération en matière de sécurité. Nous devrons discuter de la manière dont nous déterminons un règlement équitable des droits et obligations du Royaume-Uni en tant qu'État membre sortant, conformément à la loi et dans l'esprit du partenariat continu du Royaume-Uni avec l'UE ».
Il faudra travailler « ensemble pour minimiser les perturbations et donner la plus grande certitude possible. Les investisseurs, les entreprises et les citoyens au Royaume-Uni et dans les 27 autres États membres - et ceux des pays tiers dans le monde entier - veulent être en mesure de planifier ».
Il faudra aussi des périodes transitoires « afin d'éviter toute confusion au fur et à mesure que nous évoluons de notre relation actuelle à notre futur partenariat ». Les personnes et les entreprises du Royaume-Uni et de l'UE « bénéficieront de périodes de mise en œuvre pour s'adapter de manière harmonieuse à de nouveaux arrangements. Cela aiderait les deux parties à minimiser les perturbations inutiles si nous convenons ce principe au début du processus ».
Mme May convient aussi qu’il faudra régler relativement rapidement la question de la relation « unique du Royaume-Uni avec la République d'Irlande ».
Pour consulter la lettre de Mme May: https://goo.gl/Nllvaf (Solenn Paulic)