Le pourcentage global des surfaces d’intérêt écologique (SIE) déclarées sur les terres arables est près de deux fois supérieur aux 5% requis au niveau des exploitations, indique le rapport de la Commission européenne, publié mercredi 29 mars, sur la mise en œuvre de l'obligation en matière de surfaces d'intérêt écologique (EUROPE 11749).
La Commission ne propose pas de modifier le règlement 1307/2013 sur les paiements directs en relevant le pourcentage de SIE, lit-on en conclusion, dans ce rapport.
Les SIE sont un des éléments importants du verdissement des aides directes de l’UE décidé en 2013. En vue de se conformer à l’obligation relative aux SIE (surfaces d’intérêt écologique), les agriculteurs dont les terres arables dépassent 15 hectares doivent veiller à ce qu’au moins 5% de celles-ci constituent une SIE formée par des éléments bénéfiques pour l’environnement.
La Commission relève que le pourcentage global des SIE déclarées sur les terres arables est près de deux fois supérieur aux 5% requis. Ce résultat a été obtenu grâce au recours majoritaire aux SIE productives et potentiellement productives : plantes fixant l’azote, cultures dérobées et terres en jachère. Les autres SIE, y compris les particularités topographiques, n’ont constitué qu’une faible proportion du total des SIE déclarées.
En 2015, 8 millions d’hectares de terres ont été déclarés en tant que SIE, ce qui représentait 13% des terres arables couvertes par l’obligation et 10% après l’application des coefficients de pondération (les pourcentages pouvant différer au niveau des exploitations). En 2016, les chiffres étaient de 15% et 10% respectivement, avec une légère hausse de 130 000 hectares.
Du point de vue de l’adaptation au changement climatique, l’introduction des SIE « pourrait renforcer la résilience des agriculteurs face au changement climatique, par exemple, par une intégration accrue des particularités topographiques », selon le rapport. Ce dernier indique aussi que le changement climatique pourrait être davantage atténué en cultivant davantage de légumineuses et, partant, en abandonnant les engrais azotés au profit de la fixation de l’azote.
La Commission poursuivra sa réflexion sur le sujet, y compris dans le cadre de l’évaluation à venir des mesures de verdissement des aides. L'évaluation nourrira également la réflexion sur la modernisation et la simplification de la PAC. (Lionel Changeur)