Les ministres des Transports ont adopté, à l’issue d’une conférence ministérielle sur la sécurité routière à Malte, mercredi 29 mars, la « Déclaration de La Valette », qui vise à améliorer la sécurité routière pour atteindre les objectifs de réduction de moitié des morts sur la route d’ici à 2020. Le texte se concentre notamment sur les blessés graves et les voitures connectées et autonomes.
Malgré une légère baisse du nombre de décès sur les routes européennes en 2016 (EUROPE 11756), les États membres s’inquiètent encore du taux de mortalité et de blessés graves, et notamment de leur coût sociétal et financier, environ 100 milliards d’euros par an.
Selon la déclaration, l’effort devrait porter en particulier sur les États membres qui se situent en deçà du niveau moyen de mortalité sur les routes et s’engagent, soit à poursuivre les mesures existantes, soit à prendre de nouvelles mesures déclinées en 15 points.
Du côté des États membres. Ainsi, parmi les mesures les plus emblématiques citons la volonté de : - renforcer la coopération entre les États membres, ainsi qu’avec la société civile, les instituts de recherche, ainsi que le secteur privé pour développer des plans et des stratégies en adoptant une approche fondée sur le risque ; - mettre l’accent sur la sécurité des cyclistes et les piétons en aménageant les infrastructures spécifiques quand cela est possible ; - réduire les limites de vitesse à 30 km/h dans les zones à haut risque ; - réduire par deux le nombre de blessés graves d’ici 2030 par rapport au niveau de 2020 ; - collecter des données comparables sur les blessés graves selon la définition de l’échelle de classification lésionnelle internationale, MAIS (‘Maximum Abbreviated Injury Score’) ; - déployer les voitures connectées et autonomes en lien avec la Déclaration d’Amsterdam (EUROPE 11533, 11532).
Du côté de la Commission européenne. Par ailleurs, les ministres des Transports appellent la Commission européenne, entre autres, à : - garantir le déploiement de nouvelles caractéristiques pour les véhicules en matière de sécurité en accélérant la révision des règles liées à la réception des véhicules dans le cadre du règlement concernant les prescriptions pour l’homologation relatives à la sécurité générale des véhicules à moteur (règlement 661/2009) ; - présenter un cadre pour la politique européenne en matière de sécurité routière post-2020 ; - explorer la possibilité d’un cadre juridique permettant la reconnaissance mutuelle pour la déchéance du droit de conduire pour les automobilistes non-résidents (‘ driving disqualifications of non-resident drivers’) ; - explorer le potentiel des voitures connectées et autonomes.
Du côté de l’industrie. Enfin, les ministres invitent le secteur industriel à : - développer des systèmes de transport intelligents coopératifs compatibles et interopérables au niveau européen ; - développer de nouvelles technologies dans la conduite autonome et les systèmes d’aide à la conduite pour réduire les erreurs humaines et la baisse de vigilance (comme le freinage autonome d’urgence) ; - promouvoir le potentiel des voitures connectées et autonomes.
Un accueil chaleureux du côté de la société civile. Le Conseil européen pour la sécurité des transports (ETSC) a chaudement salué l’adoption de la déclaration qui, pour la première fois, contient la mention des blessés graves. Le président de l’organisation, Antonio Avenoso, a rappelé à cette occasion que les normes concernant la sécurité des véhicules n’ont pas été remises à jour depuis 2009, malgré les avancées technologiques, et a dit regretter le retard pris par la Commission européenne dans ce domaine. (Pascal Hansens)