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Bulletin Quotidien Europe N° 11757
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Le 'Brexit' inquiète eurodéputés et organisations professionnelles

Le déclenchement, mercredi 29 mars par le gouvernement britannique, de l’article 50 du traité pour lancer les négociations en vue de la sortie du Royaume-Uni de l’UE inquiète beaucoup les organisations agricoles dans l’UE et certains eurodéputés (voir autres nouvelles).

Pour le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE), les agriculteurs et les entreprises agricoles de part et d'autre de la Manche seront durement touchés par les effets du 'Brexit'. « Les consommateurs, qui ont jusqu'à présent bénéficié d'un excellent choix de produits de qualité de toute l'UE, en ressentiront eux aussi l'impact », estime Pekka Pesonen, Secrétaire général du Copa-Cogeca.

Le Royaume-Uni est importateur net de produits agroalimentaires, pour une valeur de 57 milliards d’euros. En outre, 60% des exportations agroalimentaires britanniques (viande bovine, agneau, volaille, produits laitiers, céréales), ce qui représente 11 milliards de livres sterling pour l'économie du Royaume-Uni, vont vers l'UE. Le Royaume-Uni est en outre contributeur net au budget communautaire, rappelle M. Pesonen.

Le Copa-Cogeca exprime de « graves préoccupations » pour l'impact commercial et budgétaire potentiel du 'Brexit' sur les agriculteurs européens. Il attend du gouvernement britannique qu'il honore ses engagements dans le cadre financier pluriannuel (CFP) actuel de l’UE ainsi qu'envers les programmes auxquels il a souscrit et qui s'étendent au-delà de 2020.

Les organisations agricoles estiment que des solutions doivent être trouvées pour maintenir le budget actuel de la PAC (qui représente moins de 1% des dépenses publiques totales des gouvernements de l'UE). « Toute perturbation du commerce agricole devrait également être évitée », souligne le Copa-Cogeca.

Manque à gagner de 5 milliards d’euros pour la PAC. Les eurodéputés français du groupe S&D Eric Andrieu et Jean-Paul Denanot s’inquiètent des conséquences du 'Brexit' pour les agriculteurs européens et appellent les pays de l’UE à ne pas sacrifier l’agriculture européenne sur l’autel des futures négociations avec le Royaume-Uni. « Le budget de la politique agricole commune, déjà sous pression, le sera encore davantage avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. L'agriculture risque d’être le secteur le plus touché par le 'Brexit' », déclarent les deux eurodéputés dans un communiqué. Ce retrait génèrera un manque à gagner annuel de près de 5 milliards d’euros et le financement de la future PAC dépendra essentiellement de la volonté des États membres, écrivent-ils.

La présidente du COCERAL (commerce de céréales), Jaana Kleinschmidt, a dit espérer que les négociateurs feront en sorte de garantir au Royaume-Uni un accès au marché unique de l'UE « et vice versa » et d’éviter la mise en place de droits de douane, de taxes indirectes ou de barrières réglementaires qui pourraient affecter le commerce.

« Il est essentiel que les négociations permettent à l'industrie de la santé animale de continuer à trouver des solutions pour prévenir et guérir les maladies animales d'une manière rationalisée et harmonisée à travers le continent », indique IFAH-Europe (International Federation for Animal Health Europe).

Selon le CEEV (Comité européen des entreprises vinicoles), il faudra éviter toute perturbation dans les flux commerciaux de vin entre le Royaume-Uni et les 27 pays de l’UE. Le Royaume-Uni est un petit producteur de vin, mais un grand pays consommateur (12,9 millions d’hectolitres). En 2015, le Royaume-Uni était le sixième marché mondial pour la consommation de vin (source OIV).

Selon l’EFOW (European Federation of Origin Wines), le 'Brexit' ouvre une période d’instabilité en ce qui concerne l’accès au marché britannique (s’agissant des niveaux des taxes et droits de douane) et la protection des vins d’appellation sur ce marché. La baisse de la livre sterling pourrait conduire à une augmentation des prix des vins importés de l’UE. « Ceci pourrait engendrer des pertes de marché, la consommation se reportant sur des vins plus accessibles », s’inquiète cette association. Le Royaume-Uni renégociera sans doute des accords de libre-échange avec des pays producteurs et exportateurs de vin. « Il se peut que ces pays tiers bénéficient à l’avenir d’un meilleur accès au marché britannique que nos vins européens », conclut l’EFOW. (Lionel Changeur)

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