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Bulletin Quotidien Europe N° 11710
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bei

M. Hoyer s'en prend aux protectionnistes et aux climato-sceptiques

Le président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Werner Hoyer, a dénoncé, mardi 24 janvier, les dangers du protectionnisme économique et d'une remise en cause de la lutte contre les changements climatiques, deux thèmes désormais défendus par le nouveau président américain Donald Trump.

« En 2016, le groupe BEI a amélioré son rôle d'acteur global (...) pour soutenir, en ces temps d'incertitude, les responsabilités de l'Europe au niveau international. Ceci importe plus que jamais alors que le multilatéralisme est dangereusement remis en question. Je crois qu'un multilatéralisme amoindri affaiblirait nos sociétés et augmenterait l'instabilité », a déclaré M. Hoyer, en présentant les résultats 2016 de la banque de l'UE.

Dans une référence à peine voilée à l'intronisation de M. Trump à la présidence américaine, il a affirmé : « Avec le bouleversement de l'ordre mondial qui a eu lieu ce week-end, nous, Européens, devons guider le monde libre pour faire face aux climato-sceptiques ». Saluant les déclarations du président chinois qui a plaidé à Davos pour le respect de l'Accord de Paris sur le climat, il a indiqué que, dans les cinq ans à venir, la BEI investirait 100 milliards de dollars dans le financement de projets destinés à lutter contre les changements climatiques.

M. Hoyer s'est, par ailleurs, félicité des résultats obtenus dans la concrétisation du plan 'Juncker' d'investissement qui a rempli plus de la moitié de son objectif, à savoir attirer 315 milliards d'euros d'investissements additionnels entre 2015 et 2018. Il a estimé que ce plan, dont la capacité et la durée seront doublés (EUROPE 11683), permet à la Banque de prendre plus de risques en créant de nouveaux instruments financiers et en soutenant de nouveaux clients, notamment des PME. Il a loué le courage du législateur européen qui, dans une période où les resssources publiques sont rares, est sorti d'une logique où le budget de l'UE octroie des subventions au profit d'une logique où le budget de l'UE octroie une garantie publique. De cette manière, « il est possible de faire plus avec moins », a-t-il considéré.

La BEI manquera aux Britanniques

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne constitue un défi à moyen terme pour la BEI. Londres détient 16% du capital de l'institution européenne et est engagée sur le territoire britannique à hauteur de 50 milliards d'euros dont sept milliards investis uniquement en 2016. « Nous allons manquer aux Britanniques si nous devons réduire notre activité au Royaume-Uni voire la supprimer », a estimé M. Hoyer. Il a promis que les excellentes relations entretenues avec le Royaume-Uni allaient se poursuivre « dans les deux ans », n'excluant aucunement la poursuite d'actions une fois cet État devenu un pays tiers, à l'instar des relations entretenus avec la Norvège et la Suisse. Il a toutefois prédit que, en raison du 'Brexit', la renégociation de l'actionnariat serait ardue.

Interrogé sur les relations entre la BEI et le constructeur allemand Volkswagen impliqué dans l'affaire des logiciels truqueurs, M. Hoyer a assuré qu'après enquête, la Banque n'avait trouvé « aucune indication selon laquelle nos prêts auraient servi à des fins frauduleuses ». (Mathieu Bion)

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