Le deuxième Forum régional de l'Union pour la Méditerranée (UpM), dont le thème est l'« agenda commun de développement pour la Méditerranée », a ouvert ses travaux, lundi 23 janvier au soir à Barcelone (Espagne), avec comme principal axe de discussions la jeunesse.
La jeunesse « est l'avenir de la Méditerranée, elle est aussi son présent », a affirmé Irène Mingasson, en charge de la coopération avec cette région au sein de la Commission européenne. Elle a, de cette manière, souhaité souligner l'ampleur du défi à relever et qu'il fallait le faire sans délais, dès aujourd'hui.
« Nous ne pouvons pas échouer », a déclaré le commissaire européen Johannes Hahn, en charge de la Politique de voisinage. « Il n'y a aucun moyen de s'attaquer au chômage et au désenchantement ou à l'instabilité », qui nourrit l'actuelle ébullition sur la rive Sud, « sans travailler avec les jeunes ». C'est, pour lui, le « besoin urgent de notre époque », au risque de créer des « générations frustrées ».
Le contexte a été sans cesse rappelé et il a sous-tendu l'entièreté des interventions au deuxième jour du Forum, mardi. Tout le monde souhaite ainsi montrer que le temps est venu de passer de la parole aux actes, malgré la faiblesse des moyens pour concrétiser le rêve d'une « zone de paix et de prospérité partagées » dans la région.
L’objectif le plus urgent serait ainsi la jeunesse, a-t-il été dit sur tous les tons. Une jeunesse qui est à la fois source de problèmes, notamment dus à la désespérance conduisant en particulier à l’immigration clandestine ou, pire, à la radicalisation. Mais, cette jeunesse est aussi « source de créativité, d’innovation et de changements positifs, dès lors qu’un environnement permet (aux jeunes) de participer pleinement » aux décisions et à la vie économique de leurs pays et leur région, rappelle l'UpM. Le cap est d'investir dans le capital humain, le développement durable, l'éducation et les échanges.
« L’employabilité des jeunes est un enjeu fondamental pour l’ensemble de la région euro-méditerranéenne », alors qu'actuellement près de 60 % de la population du sud de la région méditerranéenne a moins de 30 ans. Le taux de croissance démographique est rapide, avec 2,8 millions de jeunes entrant sur le marché du travail chaque année. C'est une chance aussi pour l’économie globale de la région : « une réduction de 50 % du taux de chômage chez les jeunes pourrait mener à une augmentation du PIB de la région de 25 milliards d’euros », estime l’UpM. L’ampleur des défis actuels – l’emploi des jeunes et aussi des « besoins en investissements » estimés par la BEI à 23 milliards d’euros par an d’ici à 2020, « exige plus que jamais des solutions régionales », dont l’UpM se veut le maître d’œuvre. (Fathi B'Chir)