La Commission européenne a annoncé, mardi 10 janvier, avoir donné son feu vert au projet de la France d’octroyer une aide au groupe nucléaire Areva sous la forme d’une injection de capital de 4,5 milliards d’euros. Le plan de restructuration adossé à cette aide permettra au groupe de devenir viable sans fausser indûment la concurrence au sein du marché unique selon son avis.
Le versement de l'aide est subordonné à certaines conditions, notamment la conclusion positive des essais en cours par l'Agence de sûreté nucléaire française concernant la cuve du réacteur nucléaire de Flamanville III et l'autorisation de la cession de l'activité 'réacteurs' d'Areva en vertu des règles de l'UE sur les concentrations. L'aide à la restructuration ne pourra pas être versée avant cette échéance. Par conséquent, la Commission a également approuvé aujourd'hui un prêt d'un montant de 3,3 milliards d'euros de l'État français à Areva. Ce prêt vise à combler les besoins de liquidités d'Areva jusqu'à ce que l'injection de capitaux puisse avoir lieu.
Le plan prévoit diverses cessions, en particulier les opérations du groupe relatives aux réacteurs nucléaires. Areva se recentrera sur les activités liées au cycle du combustible nucléaire, c'est-à-dire les activités et services en amont et en aval intervenant dans la production d'électricité à partir de l'uranium dans les réacteurs nucléaires.
La cession complète de l'activité 'réacteurs' d'Areva réduira sensiblement les opérations du groupe dans le secteur nucléaire et limitera ainsi les distorsions de concurrence induites par l'aide publique. La compétitivité d'Areva contribuera également à garantir la sécurité de l'approvisionnement en uranium de l'Europe.
La Commission a également constaté qu'Areva financera une partie importante des coûts de la restructuration avec le produit des ventes d'actifs envisagées, y compris la cession de l'activité 'réacteurs' d'Areva à EDF, l'opérateur historique français. (Élodie Lamer)