La candidate du groupe GUE/NGL à la présidence du Parlement européen, l'Italienne Eleonora Forenza, est d'avis que la situation socio-économique difficile en Europe impose une réforme en profondeur du fonctionnement de l'Union européenne.
« Nous prônons un changement radical des politiques européennes et du fonctionnement de l'Union européenne. Il ne peut y avoir de réelle démocratisation de l'UE sans redistribution des revenus et du travail », a déclaré Mme Forenza, mardi 10 janvier à EUROPE.
Elle a qualifié sa candidature, promue à l'unanimité par le groupe de gauche radicale, d'un peu folle, « dans le sens ironique et positif du terme », « car mon expérience provient plus des mouvements sociaux que de la politique ».
En choisissant une jeune femme des Pouilles, née à Bari en 1976, le groupe GUE/NGL souhaite souligner l'élargissement du clivage entre le Nord et le Sud de l'Europe en raison des politiques d'austérité économique, et faire de la question méditerranéenne un enjeu central. « En 2016, 5000 personnes sont mortes en Méditerranée. Soit l'Europe est capable de devenir une terre d'accueil qui reconnaisse les droits des migrantes et des migrants, soit le projet européen est voué à l'échec », a prévenu Eleonora Forenza.
La candidate de la gauche radicale veut octroyer au PE un réel pouvoir d'initiative et décisionnel au sein de l'architecture institutionnelle européenne. Elle a estimé nécessaire de modifier le fonctionnement interne du Parlement en revenant sur la modification des règles de procédure de l'institution européenne telles que modifiées par le rapport 'Corbett', fin 2016 (EUROPE 11688). Il convient en effet, selon elle, de « garantir les droits de tous les députés et pas seulement de ceux des plus grands groupes » politiques. En outre, le PE doit être en mesure de s'ouvrir davantage aux citoyens européens plutôt qu'aux lobbies économiques.
Interrogée sur la tentative avortée de transférer les députés du 'Mouvement 5 étoiles' (M5s) du groupe europhobe ELDD au groupe ADLE (EUROPE 11699), Mme Forenza a ironisé sur le fait que le slogan des M5s n'était plus 'nous sommes tous égaux' ('uno vale uno'), mais 'un groupe vaut l'autre' ('uno vale l'altro') ! D'après elle, le rejet des élus M5s par une majorité d'élus libéraux « fait perdre beaucoup de crédibilité tant au M5s qu'à Guy Verhofstadt », le président du groupe libéral ADLE, lui-même candidat à la présidence du PE. (Mathieu Bion)