La Commission européenne accuse Facebook de lui avoir fourni des informations inexactes ou trompeuses dans le cadre de son enquête sur son rachat de WhatsApp. Elle lui a adressé ses griefs, mardi 20 décembre.
« Les sociétés sont tenues de fournir des informations exactes à la Commission lors des enquêtes sur les concentrations. Elles doivent prendre cette obligation au sérieux. L'examen objectif et en temps utile des opérations de concentration par la Commission dépend de l'exactitude des informations fournies par les sociétés concernées », a déclaré la commissaire en charge du dossier, Margrethe Vestager, dans un communiqué.
Dans le cadre de son enquête, la Commission a notamment examiné la possibilité que Facebook associe les comptes de ses utilisateurs aux comptes des utilisateurs de WhatsApp. En 2014, Facebook a assuré qu’elle ne serait pas en mesure d’associer automatiquement et de manière fiable les comptes d’utilisateur des deux sociétés. En août dernier, WhatsApp a annoncé, parmi d'autres mises à jour de ses conditions générales d'utilisation et de sa politique de confidentialité, la possibilité d'associer les numéros de téléphone des utilisateurs de WhatsApp aux profils d'utilisateur de Facebook. WhatsApp a expliqué que l'objectif était d'améliorer le service fourni, en permettant, par exemple, à Facebook de faire de meilleures propositions d'amis ou d'afficher des publicités plus pertinentes sur les comptes Facebook des utilisateurs de WhatsApp.
Dans la communication des griefs, la Commission estime, à titre préliminaire, que la possibilité technique d'associer automatiquement les identifiants d'utilisateur de Facebook aux identifiants d'utilisateurs de WhatsApp existait déjà en 2014. Elle craint donc que Facebook lui ait fourni, délibérément ou par négligence, des informations inexactes ou trompeuses. Facebook risque une amende de 1% de son chiffre d’affaires. Il devra répondre aux griefs de la Commission d’ici au 31 janvier 2017.
Dans une déclaration publiée par Reuters, l'entreprise dit avoir respecté les procédures de la Commission et être confiante qu’une révision des faits confirmerait qu'elle a agi de bonne foi. « Nous avons constamment fourni des informations précises sur nos plans et nos capacités techniques », ajoute un porte-parole de Facebook, toujours cité par Reuters. (Élodie Lamer)