Selon le rapport à mi-parcours de la Commission européenne sur la mise en œuvre de la stratégie dans le domaine du secteur maritime, publié lundi 3 octobre, deux des principaux obstacles à la compétitivité européenne restent la complexité des procédures administratives et le manque de coordination.
En effet, la tendance actuelle est à la concentration du trafic maritime, qui nécessite une accélération de l’exécution des formalités administratives ainsi qu’une meilleure coordination logistique des opérations. En ce sens, la numérisation des services est considérée, par la Commission comme « cruciale » pour assurer une simplification des processus administratifs, l'institution se basant sur une consultation publique de 2015 (EUROPE 11245). Cette numérisation des services permettrait une gestion plus efficace des flux de fret grâce à une fluidification des informations sur les cargos, les infrastructures et les équipements, selon la Commission.
Parmi les autres grands défis à relever, la Commission a identifié : - le déficit de ressources des administrations publiques, notamment dans le domaine de la sûreté et de la sécurité maritime, comme l’illustre le cas du Portugal (EUROPE 11636) ; - le faible prix du baril, qui décourage les opérateurs et les industries d'investir dans des énergies alternatives et les nouvelles technologies ; - la perte de terrain du secteur maritime européen face à l’émergence de nouvelles routes maritimes intercontinentales ; - enfin, le manque de personnel qualifié et compétent.
Globalement, la Commission note que l’un des effets de la crise de 2008 a été de susciter une surproduction du nombre de navires par rapport aux volumes de marchandises à transporter, ce qui a provoqué un durcissement de la concurrence internationale et déclenché un processus de concentration et d’intégration verticale des opérateurs du secteur.
Ainsi, la Commission insiste sur la nécessité de diriger les investissements vers les infrastructures qui présentent la plus forte plus-value pour le transport maritime européen. Un vaste chantier, à en croire le dernier rapport de la Cour des comptes qui a vivement critiqué l’inefficacité des fonds européens dans les ports de l’Union en septembre dernier (EUROPE 11631). (Pascal Hansens)