La paix reste possible en Colombie sur la base d’un accord renégocié, ont estimé la majorité des groupes politiques du Parlement européen, lors d’un débat en session plénière, mercredi 5 octobre. En témoigne la réaffirmation du cessez-le-feu par le gouvernement colombien et les FARC après la déconvenue du référendum,
Coprésident d’une délégation du PE ayant observé la tenue du référendum colombien, Ramón Jáuregui Atondo (S&D, espagnol) a estimé que « la paix n'(avait) pas échoué en Colombie ». Selon lui, l’UE doit envoyer trois messages clairs : permettre à la Colombie de recomposer sa diversité politique exprimée lors du référendum, poursuivre les négociations avec les FARC qui doivent maintenir le cessez-le-feu et faciliter la renégociation de l’accord de paix pour tenir compte de la majorité de Colombiens ayant rejeté cet accord lors du référendum du dimanche 2 octobre. D'après Ulrike Lunacek (Verts/ALE, autrichienne), les parties doivent renégocier « sur la base de ce qui existe ». Pour donner plus de chance à la paix, il faut demander au président colombien, Juan Manuel Santos, de prolonger le cessez-le-feu au-delà du 31 octobre afin qu’il devienne permanent, a estimé Tania González Peñas (GUE/NGL, espagnole).
La faible majorité de Colombiens ayant rejeté l’accord de paix signé entre le gouvernement colombien et les FARC estime notamment que cet accord est trop favorable aux membres de la guérilla qui seraient peu inquiétés pour les crimes commis une fois les armes déposées (EUROPE 11637). Charles Tannock (CRE, britannique) a fait un parallèle avec l’accord de paix en Irlande du Nord qui prévoit une part d’amnistie. « Vingt ans plus tard, on parle du succès de l’accord et pas d'autre chose », a-t-il noté. Pour Izaskun Bilbao Barandica (ADLE, espagnole), « il y a un prix à la paix ».
Le secrétaire d’État slovaque aux Affaires étrangères, Ivan Korčok, a indiqué que « le résultat du référendum n’affecte pas la suspension » des sanctions européennes à l’encontre des FARC, ceux-ci ayant reconfirmé leur engagement en faveur du cessez-le-feu (EUROPE 11633). En revanche, le lancement du fonds fiduciaire européen pour la Colombie est gelé à ce stade, a-t-il indiqué (EUROPE 11560). (Mathieu Bion)