Pour répondre aux critiques des députés européens sur l’inaction de la Commission pour mettre un terme aux conflits d’intérêts visant certains anciens commissaires (EUROPE 11638), le commissaire aux Affaires économiques et financières, fiscalité et douanes, Pierre Moscovici, a assuré, mardi 4 octobre à Strasbourg, que la Commission 'Juncker' ferait « la lumière sur les comportements de ses anciens membres qui contreviendraient aux règles ou qui auraient contrevenu aux règles en vigueur » et qu’elle prendrait « les mesures correspondantes ».
La Commission attend toujours l’avis du comité d’éthique ad hoc sur la nomination très critiquée de José Manuel Barroso au sein de la banque américaine Goldman Sachs et sur l’omission par Neelie Kroes, ex-commissaire à la Concurrence et à l'Économie numérique, de déclarer ses intérêts dans une société aux Bahamas, un paradis fiscal notoire.
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a demandé des explications au moment opportun et a consulté le comité d'éthique ad hoc sur deux cas évoqués, a rappelé M. Moscovici (EUROPE 11621). « Lorsque les avis du comité d'éthique ad hoc nous parviendront – ils ont été demandés –, la Commission en discutera et décidera des mesures appropriées à prendre », a souligné le commissaire. Il a indiqué que les décisions du comité d’éthique « étaient toujours respectées, et la Commission ira, bien sûr, dans ce sens ». Le président Juncker s'engage à tenir le PE pleinement informé sur la suite de ces dossiers individuels. Mais, « il faut aussi respecter le droit des individus à faire valoir leurs droits ».
M. Moscovici a réaffirmé la volonté de cette Commission d'appliquer et de faire respecter les normes « les plus strictes de comportement politique et éthique dans l'exercice de ses responsabilités ».
Éviter les amalgames. Le commissaire a appelé les eurodéputés à éviter les amalgames, les attaques ou le risque d'affaiblir une institution au nom de tel ou tel comportement. « J'aimerais que nous évitions de toujours tirer sur le pianiste bruxellois, car la Commission européenne, qui est votre interlocuteur, notamment sur le sujet de la lutte contre l'évasion fiscale et la fraude fiscale, est une institution qui fait plus que beaucoup d'autres, non seulement dans ce domaine, mais aussi pour préserver l'éthique et garantir celle de ses membres et de ses anciens membres », a dit M. Moscovici. (Lionel Changeur)