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Bulletin Quotidien Europe N° 11639
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Jai

Migration, les Vingt-huit rechercheront le consensus sans revenir sur les décisions passées

Pour la migration, « il faudra appliquer les décisions prises » et « le peuple hongrois s’est exprimé dans le même sens », a déclaré, mercredi 5 octobre à Strasbourg, le président de la Commission européenne devant les membres du PE. « Je ne fais pas mienne l’expression de solidarité flexible », a en outre ajouté le président, à l’occasion d’un débat sur le prochain Sommet européen des 20 et 21 octobre.

Le président Juncker a semblé vouloir éteindre les critiques et interprétations que son discours sur l'état de l’Union avait suscitées le 14 septembre, lorsqu’il avait affirmé que la solidarité en matière migratoire devait venir du cœur et ne pouvait pas être imposée. Commentant le référendum hongrois, invalidé faute de participation, le président de la Commission en a déduit que les décisions prises, en l’occurrence celles sur la relocalisation des demandeurs d’asile, ne présentaient pas « de difficultés insurmontables » pour qu'elles puissent s'appliquer.

Pour autant, M. Juncker a continué de garder la porte ouverte aux pays de l’Est très opposés aux quotas de migrants. Ainsi a-t-il estimé qu’à l’avenir il faudra trouver un point d’« intersection » pour rapprocher les États membres sur ce sujet. Rejetant le terme de 'solidarité flexible', le président souhaite un accord où la notion de solidarité puisse dominer.

Les 20 et 21 octobre, le Conseil européen restera en effet dans les ‘clous’ du sommet informel de Bratislava sur le sujet de la migration, a dit le représentant de la Présidence slovaque, Ivan Korcok, à savoir « ne plus se soumettre à des flux incontrôlés de migrants, le contrôle entier des frontières extérieures et la nécessité d’avoir un consensus large sur les politiques migratoires à long terme ». À Bratislava, le 16 septembre, la chancelière allemande Angela Merkel avait en effet reconnu que la décision prise à la majorité qualifiée en 2015 sur ce sujet de la répartition des migrants avait pu créer des difficultés.

Pour renforcer les frontières extérieures, les Vingt-huit pourront déjà saluer l’entrée en vigueur de l’agence de gardes-côtes et gardes-frontières européens qui sera inaugurée ce 6 octobre en Bulgarie par le commissaire Avramopoulos et le futur patron de l’Agence, actuellement directeur exécutif de Frontex, le Français Fabrice Leggeri.

Le président Juncker et la Présidence slovaque se sont déjà félicités le 5 octobre de cette étape et du fait que la nouvelle agence sera opérationnelle en premier lieu à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Quant à l’accord UE-Turquie, qui sera également évalué lors du Sommet européen, il « fonctionne », a poursuivi le président de la Commission, observant la diminution des flux vers la Grèce. Ce mercredi 5 octobre, la Grèce a d’ailleurs renvoyé en Turquie 55 demandeurs d'asile, en majorité des Pakistanais et des Algériens, dans le cadre de l'accord UE-Turquie, selon l’AFP. Dans ce groupe, figurent les premiers 37 demandeurs d'asile déboutés en deuxième instance par les autorités du service grec d'asile. Le groupe ne comporte toutefois aucun demandeur d’asile syrien. (Solenn Paulic)

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