Sans être « partie prenante dans les procédures judiciaires » en cours devant la justice européenne opposant le Polisario au Conseil, la Commission et une série d’États membres de l’UE (EUROPE n° 11623), l’Algérie « suit avec intérêt » le dossier et « apprécie les conclusions de l’Avocat général, publiées le 13 septembre 2016 », a affirmé l’ambassadeur algérien à Bruxelles, Ammar Belani, interviewé par les médias de son pays (Afrique-Asie).
« Ces conclusions doivent être appréciées, avant tout, sous l’angle du droit international » et « constituent une avancée majeure qui ne manquera pas de se refléter, d’une manière ou d’une autre, par un positionnement plus cohérent de l’Union européenne sur la question du Sahara Occidental », a-t-il affirmé. En effet, relève l’ambassadeur, l’Avocat général « s'est clairement prononcé en faveur de l'inapplicabilité des accords conclus par le Maroc avec l'UE sur le territoire du Sahara occidental » et c'est là « un tournant ».
Il estime que les arguments exposés « balayent la fiction d’un Maroc 'puissance administrante de facto' dont usent trop commodément certains responsables européens ». De son point de vue, l’UE « est appelée à adopter une position plus conforme à la légalité internationale ». Selon M. Belani, « l’ambition proclamée de l’UE à assumer le rôle d’acteur mondial dans la région devrait s’illustrer également par une position plus affirmée en vue de restaurer le mandat de la MINURSO (mission des Nations unies, NDLR) et, surtout, d'engager fermement les deux parties, le Front Polisario et le Royaume du Maroc, sur la voie des négociations directes, sans condition préalable » (Fathi B’Chir)