Les Nations Unies, l’UE, l’Union africaine et la Ligue des États arabes ainsi que 22 délégations nationales (Allemagne, France, Italie, Malte, Espagne, Royaume-Uni, Algérie, Canada, Tchad, Chine, Égypte, Jordanie, Maroc, Niger, Qatar, Russie, Arabie Saoudite, Soudan, Tunisie, Turquie, Émirats arabes unis et États-Unis) ont appelé, jeudi 22 septembre, le Conseil présidentiel libyen à présenter un nouveau Cabinet qui devra être approuvé par la Chambre des représentants.
Après un nouveau vote n’accordant pas sa confiance au gouvernement, fin août, la Chambre avait donné, le 24 août, 10 jours au Conseil présidentiel pour proposer un nouveau Cabinet. Le délai a donc déjà largement expiré.
Dans la déclaration commune qu’ils ont adoptée à l’issue d’une réunion ministérielle en présence du Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, les délégations ont exhorté la Chambre des représentants « à soutenir la réconciliation nationale en rassemblant tous les membres du Parlement et en accomplissant son devoir de tenir un vote libre et équitable » sur le Cabinet révisé et sur l'amendement constitutionnel pour entériner l’accord politique de décembre 2015 dans la loi libyenne « sans délai ».
« Au cours de l’année à venir, le gouvernement d’entente nationale doit préparer une transition pacifique vers un gouvernement libyen élu permanent. Nous demandons instamment à l'Assemblée de rédaction de la Constitution d’achever ses travaux et de présenter le projet de Constitution libyenne pour la tenue d’un référendum en 2017 », a aussi expliqué la communauté internationale. En attendant ces élections, elle a appelé le gouvernement d’entente nationale à « travailler d'urgence pour rétablir les services essentiels, fournir une aide humanitaire et créer des conditions pour le retour sûr et digne des personnes déplacées et des réfugiés ». Elle a aussi exhorté le gouvernement d’entente nationale (GNA) à reprendre la production de pétrole pour renforcer l'économie de la Libye.
Rappelant que le GNA était le seul destinataire légitime de l'assistance de la sécurité internationale, les délégations ont demandé à tous les Libyens de s'unir dans leur lutte contre le terrorisme. « Seules les forces nationales unifiées peuvent vraiment assurer la sécurité et défendre le pays contre le terrorisme », ont-elles expliqué. La communauté internationale a ainsi demandé des « progrès rapides », dans l'effort du conseil présidentiel pour unifier les forces militaires professionnelles « sous les auspices de ce Conseil et conformément à l’accord politique » de décembre 2015. (Camille-Cerise Gessant)