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Bulletin Quotidien Europe N° 11613
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Scandale Volkswagen, le Parlement européen divisé sur la performance de M. Verheugen

Les réactions des députés du Parlement européen sont contrastées à la suite de l’audition devant la commission d’enquête parlementaire sur le scandale Volkswagen (EMIS) de l’ancien commissaire à l’Industrie, Günther Verheugen (2004-2010) (EUROPE 11612), à en croire les différents communiqués des groupes politiques, députés et sources consultées par EUROPE, mercredi 31 août.

Ces positions semblent en grande partie dictées par le jeu politique entre les deux principaux groupes politiques du Parlement.

L’audition de M. Verheugen, un social-démocrate allemand, a  en effet cristallisé les tensions entre les sociaux-démocrates (S&D) et les conservateurs (PPE). Ainsi, le groupe S&D a, sans surprise, choisi de temporiser et a salué le fait que M. Verheugen ait finalement accepté de venir se présenter. La présidente de la commission, Mme Kathleen Van Brempt (S&D, belge) a ainsi déclaré que son témoignage « était très important », là où le PPE considère, dans un communiqué, que « nous n’en avons pas fini avec M. Verheugen ». Le PPE reproche, entre autres, à l’ancien commissaire allemand de ne pas avoir fait la lumière sur les raisons qui l’ont poussé à ne pas prendre en compte les différences entre les résultats des émissions mesurées en laboratoire et ceux recueillis en conditions réelles de conduite.

Contactée par EUROPE, Mme Van Brempt a considéré que M. Verheugen avait joué le jeu et s’était montré « ouvert » et « juste ». Comme l’a répété l’ancien commissaire allemand, à l’époque, la question des dispositifs d’invalidation n’avait pas du tout la même acuité qu’à l’heure actuelle, selon elle. « Il y a eu un aveuglement collectif », a-t-elle commenté. Elle a regretté cependant son manque d’analyse politique et l’absence de prise de position aujourd’hui sur la question. Pablo Zalba (PPE, espagnol), co-rapporteur pour la commission EMIS, a jugé pour sa part le commissaire trop vague sur la question de la différence entre les résultats des émissions en laboratoire et en conditions réelles, reprenant à son compte l’argumentaire du député letton Krisjanis Karins, le porte-parole du groupe pour la commission EMIS. « J’espère que monsieur Tajani pourra clarifier les points qui ne l’ont pas été par M. Verheugen », nous a-t-il confié.

M. Tajani dans le viseur

Car l’actuel député européen et ancien commissaire à l’Industrie, Antonio Tajani (PPE, italien), viendra se présenter la semaine prochaine, lundi 5 septembre, devant les députés, où il est attendu de pied ferme par une frange de l’hémicycle. Les critiques fusent contre M. Tajani notamment pour son manque de volonté de contrôler les autorités d’homologation nationales et faire respecter la loi européenne.  « Il prouvera qu’il a été très actif en vue de réduire les émissions des véhicules et qu’il n’était pas aux mains des industriels » a assuré Monsieur Zalba. Ici, Kathleen Van Brempt semble plus critique à son encontre, rappelant que les divergences étaient plus claires entre la DG en charge de l’Industrie et celle en charge de l’Environnement, cette dernière sous la houlette du commissaire Janez Potocnik. Même son de cloche de la part de Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais) qui considère que la question des divergences des résultats entre les laboratoires et les mesures en conditions réelles commençait à être plus largement connue sous son mandat. Pour rappel, le PPE avait manœuvré au printemps pour faire en sorte que M. Tajani passe avant l’été et non après, celui-ci aspirant, selon plusieurs sources, à se présenter à la présidence du Parlement européen (EUROPE 11541).

Les Verts et les Libéraux plutôt satisfaits

Pour M. Eickhout, l’audition de M. Verheugen a été globalement positive. Selon lui, son témoignage a montré que la lutte contre les émissions polluantes ne constituait pas la priorité de la Commission Barroso. « On a mieux compris comment la Commission travaillait à l’époque », a-t-il conclu. Pour Gerben-Jan Gerbrandy (ADLE, néerlandais), co-rapporteur pour EMIS, l’ancien commissaire a apporté un témoignage important en affirmant que l’industrie n’avait jamais pointé du doigt le manque de précision du règlement Euro 5 et Euro 6 (règlement 715/2007). « Il a cassé l’argumentaire de l’industrie qui critique l’approximation du règlement », nous a-t-il expliqué. (Pascal Hansens)

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