Le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, a annoncé, mardi 30 août, qu'il se rendrait à Kiev, vendredi 2 septembre pour discuter des réformes du secteur de l'énergie en Ukraine et jeter les bases pour la reprise des pourparlers trilatéraux avec la Russie en vue de sécuriser l'approvisionnement en gaz russe à l'Ukraine et son transit vers l'UE sans interruption cet hiver.
« En dépit d'une situation très difficile, notamment à l’est de l’Ukraine, la route de transit (du gaz russe) à travers l'Ukraine a bien fonctionné (l'hiver précédent, NDLR). Nous considérons qu'il est une priorité que cette route soit pleinement opérationnelle cet hiver également », a déclaré M. Šefčovič devant des journalistes, mardi.
Pour sécuriser le transit par l'Ukraine du gaz russe destiné à l'UE en cas d'hiver très froid, la Commission souhaiterait voir l'Ukraine porter à 16 milliards de m³ ses réserves souterraines de gaz, qui s'élèvent actuellement à 12 milliards de m³ et que Kiev voudrait porter à 14,5 milliards de m³.
M. Šefčovič a annoncé qu'il s'entretiendrait à ce sujet avec les responsables ukrainiens, y compris le Premier ministre, Volodymyr Groïsman, et le ministre de l'Énergie, Ihor Nasalyk.
Le commissaire en charge de l'Union de l'énergie a aussi indiqué que Kiev était favorable à la tenue de pourparlers trilatéraux sur le gaz avec la Russie, mais que Moscou devait encore répondre à sa proposition, et qu'il espérait pouvoir s'y rendre au cours du mois de septembre.
La sécurité juridique, la clarification sur les prix, une aide financière à l'Ukraine et les points de livraison seront les éléments clés des pourparlers trilatéraux, a-t-il précisé.
En proie à un différend gazier récurrent préjudiciable à la sécurité d'approvisionnement de l'UE en gaz russe, la Russie et l'Ukraine s'étaient accordées, sous la médiation de l'UE, fin septembre 2015, sur un protocole d'accord valable jusqu'à la fin mars 2016 pour les fournitures de gaz russe à l'Ukraine pour l'hiver 2015/2016. Mais l'Ukraine a cessé, fin novembre 2015, tout achat à la Russie, s'approvisionnant depuis essentiellement auprès de la Slovaquie, de la Pologne et de la Hongrie. (Emmanuel Hagry)