Bruxelles, 15/07/2016 (Agence Europe) - Le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, devrait annoncer, lundi 18 juillet à Bruxelles, aux ministres de l'Agriculture des pays de l'UE, une enveloppe d'aides qui devrait être de l'ordre de 500 millions d'euros pour soutenir les producteurs en crise, selon nos informations.
Comme annoncé (EUROPE 11594), le paquet d'aide, qui devrait concerner surtout le secteur du lait et des produits laitiers, devrait être composé de deux parties: - 1) une partie de la somme de 500 millions d'euros sera utilisée pour soutenir individuellement, via un système d'appels d'offres, les éleveurs qui acceptent de réduire la production de lait. La durée évoquée du régime est de trois mois, selon ce que souhaite la Commission, tandis que des pays demandent une durée plus longue (6 mois par exemple). La Commission estimerait à 2 millions de tonnes la quantité de lait devant être réduite pour avoir un effet positif sur le marché (une hausse des prix) ; - 2) un montant plus important que la somme précédente sera distribué aux États membres sous la formes d'enveloppes nationales qui pourront employer les fonds pour d'autres mesures (aide à la trésorerie) et secteurs (d'autres secteurs que le lait, comme la viande porcine, la viande bovine ou les fruits et légumes), moyennant un encadrement plus strict que pour l'enveloppe de septembre 2015 (420 millions d'euros d'aides ciblées). Il y aurait la possibilité d'y ajouter un cofinancement national. Cette seconde partie du plan d'aide serait finalisée en septembre, en raison des dispositions à préciser en matière de flexibilité dans l'utilisation de ces fonds et sur les conditions à remplir pour les utiliser.
Intervention et stockage privé. La France, l'Allemagne et la Pologne avaient demandé un ajustement du régime de stockage privé à la situation du marché, y compris une hausse temporaire du niveau de soutien pour le lait écrémé en poudre et le beurre. La Commission ne souhaiterait pas lancer un débat, à ce stade, sur les systèmes de stockage privé et d'intervention publique. Elle a déjà deux fois, dans l'année, dû revoir à la hausse le plafond pour l'intervention publique pour la poudre de lait (EUROPE 11580).
Viande porcine. La Commission estime que ce n'est pas le moment de rouvrir l'aide pour le stockage privé de viande porcine, même si elle s'est montrée ouverte sur la possibilité de le faire, si nécessaire.
Avances sur paiements. Comme demandé par la Suède et la Finlande, notamment, la Commission est disposée à augmenter le pourcentage d'aides pouvant être versé anticipativement à partir du 15 octobre prochain.
Pas de feu vert à la hausse des aides de minimis. L'Italie, l'Espagne et la France, notamment, ont réclamé le doublement du plafond des aides de minimis (de 15 000 euros par exploitation sur trois ans à 30 000 euros). Mais la Commission n'est pas favorable à cette requête.
Fruits et légumes. La Commission envisage de revoir à la hausse les prix de retrait des fruits et légumes.
Marché de la viande. Le nouvel observatoire du marché de la viande (bovine et porcine) a tenu, vendredi 15 juillet, sa première réunion, à laquelle le commissaire Hogan a participé. Il fonctionnera sur le même modèle que l'observatoire du marché du lait et pourra ainsi fournir de nombreuses informations sur les marchés de la viande porcine et bovine (y compris le veau). L'objectif est d'aider tous les acteurs du secteur à s'adapter aux tendances des marchés. (Lionel Changeur)