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Bulletin Quotidien Europe N° 11589
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) chine

Des députés plaident pour un pacte sur l'Afrique, d'autres dénoncent le trafic d'organes des 'prisonniers de conscience'

Bruxelles, 07/07/2016 (Agence Europe) - Lors d'un débat en session plénière du Parlement européen, mercredi 7 juillet, les députés ont soutenu l'idée d'une nouvelle stratégie plus ambitieuse à l'égard de la Chine, en insistant sur la nécessité que Pékin respecte les règles du système multilatéral, tant au plan économique (respect des lois du marché) qu'au niveau politique (respect de l'État de droit et des droits de l'homme au niveau intérieur ainsi que du droit international dans le cadre des litiges territoriaux en mer de Chine du Sud).

Plusieurs députés ont insisté sur la nécessité d'un partenariat entre l'UE et la Chine sur l'Afrique, d'autres ont dénoncé le trafic d'organes des prisonniers de conscience liquidés par le régime chinois.

« La Chine est un acteur bien plus mondial, confiant, affirmatif et tourné vers l'extérieur, ce qui a suscité quelques frictions, comme sur l'environnement, et la sécurité en Asie semble plus instable. Mais, en même temps, la Chine semble prête à coopérer sur bien des questions d'importance mondiale. Étant son principal partenaire commercial et un prestataire de sécurité important en Asie, l'UE a un intérêt mutuel à coopérer avec la Chine », a expliqué la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à propos de sa nouvelle stratégie pour le renforcement des relations UE/Chine, dévoilée le 22 juin et visant à remplacer l'ancienne stratégie de 2006 (EUROPE 11578).

« Notre engagement sera pratique et pragmatique, c'est ainsi que nous pourrons défendre nos intérêts et nos valeurs dans tous les secteurs depuis le commerce jusqu'aux droits de l'homme », a-t-elle poursuivi, rappelant que la nouvelle stratégie identifiait trois secteurs d'engagement - la prospérité et les réformes au plan économique ; la sécurité et la défense ; la gouvernance mondiale et le contexte multilatéral.

Au plan économique, « la Chine doit accepter les obligations et pas seulement les avantages liés au système commercial multilatéral (…) C'est d'abord l'économie chinoise qui profitera des réformes et de l'élimination des distorsions générées par l'intervention de l'État », a souligné Mme Mogherini.

Au plan politique, la stratégie promeut la défense de l'État de droit, les droits de l'homme, le rôle de la société civile, la sécurité des routes maritimes et le respect des règles internationales ; en outre, compte tenu du « rôle fondamental » de la Chine dans les négociations avec l'Iran ou sur le climat, elle vise à stimuler une collaboration accrue en politique étrangère, notamment sur l'Afghanistan et l'Afrique, a-t-elle ajouté.

Au nom du groupe PPE, le Luxembourgeois Frank Engel a plaidé pour que les relations avec la Chine « deviennent rigoureusement européennes », fustigeant le 'format 16+1' (qui associe la Chine et des États membres orientaux de l'UE et d'Europe du sud-est, NDLR) ou les partenariats stratégiques conclus entre des villes d'Europe et la Chine. Sur la question de l'octroi du statut d'économie de marché (MES) à la Chine, « l'évitement d'une guerre commerciale ne doit pas nous empêcher de tenir un discours robuste sur tous les sujets qui nous tiennent à cœur, de Taïwan à la loi sur les ONG, l'État de droit ou la mer de Chine du Sud », a poursuivi M. Engel, plaidant aussi pour qu'il y ait « encore plus d'Afrique dans cette stratégie ».

Soulignant l'importance du cadre G20, de la lutte contre le changement climatique, de la lutte contre le terrorisme, de la cyber-sécurité et de la protection de projets d'infrastructures critiques (notamment dans l'énergie) dans cette stratégie, le Roumain Victor Bostinaru (S&D) a, lui aussi, appelé à « surtout réfléchir à l'Afrique, où la coordination de projets d'investissement et de coopération au développement est possible ». Son collègue allemand Jo Leinen (S&D) a, lui aussi, plaidé pour un « pacte UE/Chine pour l'Afrique ».

Pour le groupe ELDD, le Britannique Gerard Batten (UKIP) a dénoncé les exactions du régime communiste chinois contre les minorités religieuses (Falun Gong, chrétiens…) ainsi que le trafic d'organes arrachés aux 'prisonniers de conscience' et utilisé pour des greffes, notamment en Occident, avançant le chiffre de 1 à 1,5 millions de victimes du régime depuis 2000 et entre 60 000 à 100 000 greffes par an. L'Estonien Tunne Kelam (PPE) a, lui aussi, dénoncé ce trafic, rappelant que le PE avait demandé une enquête internationale il y a deux ans et que, de son côté, le Congrès américain avait condamné ce trafic. « C'est un crime contre l'humanité, le Parlement européen doit élever la voix contre cette tragédie », a-t-il insisté.

Au nom du groupe ADLE, la Néerlandaise Marietje Schaake, a jugé « fondamental » d'être « plus ambitieux et plus critique avec la Chine », plaidant pour une solution « juste et équilibrée » sur l'octroi du MES, et pour une coopération accrue « sans tourner le dos aux militants des droits de l'homme ». « Il ne faut pas instrumentaliser la politique européenne dans les intérêts immédiats de l'Europe, cela se retournerait contre nous », a-t-elle insisté, appelant aussi à veiller à ce que la Chine, où la censure sur Internet perdure, respecte une résolution onusienne sur l'application des droits de l'homme en ligne.

Au nom du groupe GUE/NGL, l'Allemand Helmut Scholz a insisté sur la nécessité que soit pris en compte « l'engagement en faveur de l'universalité des droits de l'homme, y compris le caractère indivisible des droits politiques et sociaux ».

Pour le groupe des Verts/ALE, l'Allemand Reinhard Bütikofer a plaidé pour une coopération accrue sur les problèmes internationaux, mais « qui soit établie en fonction des valeurs de l'UE ». « La Chine souhaite être hégémonique au niveau régional en Asie et devenir une puissance internationale, ce qui ne suppose pas forcément un respect des règles multilatérales », a-t-il souligné. (Emmanuel Hagry)

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