Bruxelles, 04/07/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a répondu, lundi 4 juillet, aux critiques formulées dans la presse européenne sur la part de responsabilité de la Commission 'Juncker' dans le référendum britannique remporté par les partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
Un porte-parole de la Commission européenne, Alexander Winterstein, a expliqué que l'institution européenne avait pris connaissance de ces critiques mais il a mis en avant le fait que la Commission était « très très occupée » à poursuivre l'agenda de réformes agréé au niveau européen, tel que l'Union de l'énergie.
Selon le Sunday Times, la chancelière allemande, Angela Merkel, serait mécontente de la façon dont le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a géré le dossier britannique tout comme ses plans pour prendre en charge l'après-23 juin (EUROPE 11580). Le journal s'appuie sur les propos d'un ministre allemand non cité selon lequel la pression sur M. Juncker devrait être de plus en plus forte afin de le pousser à la démission. Mme Merkel, peu encline à précipiter les négociations sur les modalités du 'Brexit', aurait à gérer ce dossier « l'année prochaine », indique le journal britannique.
Ces critiques sont injustifiées a commenté une source lundi, pour qui M. Juncker souhaite seulement mettre un terme à l'incertitude du moment. La Commission avait déjà répondu la semaine dernière à des appels à la démission, expliquant que la responsabilité politique du président n'était pas en cause et que l'on ne pouvait pas à la fois critiquer M. Juncker pour s'être immiscé dans le débat du référendum néerlandais sur l'accord d'association avec l'Ukraine et lui reprocher d'être resté en dehors du débat du référendum britannique.
Ces critiques et ces appels à la démission de M. Juncker, mais aussi du président du Conseil européen, Donald Tusk, viennent notamment de pays dits de Visegrad, tels que la République tchèque, dont certains dirigeants politiques avaient demandé les têtes de M. Juncker et M. Tusk la semaine dernière. M. Tusk avait défendu l'action du président Juncker mardi 28 juin lors du sommet européen (EUROPE 11582).
Lors des élections européennes de 2014, Mme Merkel avait soutenu M. Juncker en tant que candidat de la famille chrétienne-démocrate du PPE mais son enthousiasme avait été mis en doute. Elle n'avait pas été insensible aux arguments du Premier ministre britannique sortant, le conservateur David Cameron, qui s'était opposé à la nomination de M. Juncker à la tête de la Commission au nom du renouveau politique.
Démission de M. Farage de la tête du parti UKIP
Cette remise en cause du président de la Commission intervient alors que la situation est chaotique au Royaume-Uni. Partisan acharné du 'Brexit', Nigel Farage a démissionné de la présidence du parti UKIP tout en conservant toujours son siège d'eurodéputé, ce qu'il est en droit de faire tant que le Royaume-Uni demeure dans l'UE. Les principaux prétendants à la succession de M. Cameron à la tête du parti conservateur britannique, Michael Gove et Theresa May, ont indiqué en fin de semaine dernière qu'ils pourraient n'activer l'article 50 du traité sur la procédure de retrait d'un pays de l'UE que fin 2016, voire fin 2017. (Solenn Paulic)