Bruxelles, 04/07/2016 (Agence Europe) - La communauté internationale craint que le Royaume-Uni, une fois hors de l'UE, ne devienne un paradis fiscal aux portes de l'Europe.
Lundi 4 juillet, le chancelier de l'Échiquier, George Osborne, a indiqué au Financial Times qu'il voulait créer une « économie super compétitive » basée notamment sur une faible imposition des sociétés. Il a également indiqué vouloir baisser le taux d'imposition des sociétés à moins de 15%, afin de montrer aux investisseurs que le Royaume-Uni est toujours « ouvert aux entreprises ».
Ces annonces interviennent alors qu'un mémo interne de l'OCDE, rédigé par Pascal Saint-Amans le 24 juin et révélé par l'agence Reuters, s'inquiète du fait que l'impact négatif du 'Brexit' sur la compétitivité britannique pourrait pousser le pays à « être encore plus agressif dans son offre fiscale ». « Un autre pas dans cette direction transformerait vraiment le Royaume-Uni en un type d'économie du genre paradis fiscal », écrit encore Pascal Saint-Amans, cerveau du plan d'action BEPS de l'OCDE contre l'optimisation fiscale agressive des entreprises. M. Saint-Amans aurait également estimé que Londres ne pourrait pas trop se permettre des baisses d'impôts à cause de la pression sur les finances publiques.
Toujours selon Reuters, un autre mémo interne de l'OCDE indiquerait que le Royaume-Uni pourrait envisager de revoir ses règles afin d'éliminer le fardeau de la TVA sur l'industrie des services financiers, afin de créer un avantage compétitif majeur pour la City.
Pour l'ACCA, qui représente les experts comptables, Chas Roy-Chowdhury a déclaré que tout changement dans la politique fiscale britannique devrait être étroitement aligné sur ce que l'UE fait « au moins à court terme, simplement car cela créerait une plus grande certitude pour les entreprises ». La Commission européenne se refuse, quant à elle, à tout commentaire. (Élodie Lamer)