Bruxelles, 02/06/2016 (Agence Europe) - La BCE a reporté toute décision visant à autoriser à nouveau les banques grecques à lui fournir des titres de dette publique grecque en tant que garantie lorsque celles-ci se refinancent à son guichet.
« Nous avons assisté à une présentation, mais nous n'avons pas pris de décision », a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi, jeudi 2 juin à Vienne à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs. Il a noté que les négociations entre Athènes et ses créanciers avaient enregistré des progrès « significatifs » et permis un accord fin mai au sein de l'Eurogroupe sur la finalisation imminente de la 1ère mission de suivi du 3ème plan de sauvetage doté d'une enveloppe de 86 milliards d'euros du Mécanisme européen de stabilité sur 3 ans (MES) (EUROPE 11557). « Une fois que toutes les actions préalables auront été adoptées, une décision sera prise » sur les titres grecs, a-t-il indiqué, ajoutant qu'une telle décision de la BCE nécessitera une nouvelle réunion du Conseil des gouverneurs. La BCE veut aussi voir ce que le MES va décider concernant le versement du premier volet de la tranche de 10,3 milliards d'euros.
Athènes et ses créanciers ont progressé dans la finalisation de la 1ère mission de suivi du plan d'aide. Selon la presse grecque, les deux parties ont trouvé un accord notamment sur la suppression non rétroactive d'une aide spécifique EKAS aux retraités à bas revenus, la question de la cession de créances bancaires douteuses garanties par l'État et la privatisation d'une part minoritaire de l'opérateur énergétique ADMIE. Le Parlement grec, qui a voté mercredi l'interdiction pour les responsables politiques grecs de détenir des parts dans des sociétés localisées à l'étranger, devait entériner ces mesures jeudi. Athènes espère qu'une fois cet obstacle franchi, le MES sera en mesure de débloquer l'aide promise la semaine prochaine.
La BCE a, par ailleurs, révisé très légèrement à la hausse ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2016 dans la zone euro. Selon l'institution européenne, la croissance du PIB sera en moyenne de 1,6% en 2016 et de 1,7% pour 2017 et 2018. Parmi les risques à la baisse, M. Draghi a identifié « le prochain référendum britannique ». Il a assuré que la BCE se tenait « prête », quel que soit le résultat du référendum, tout en soulignant le bénéfice réciproque d'une appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne.
Concernant l'inflation, les prévisions de la BCE sont désormais les suivantes: 0,2% pour 2016, 1,3% en 2017 et 1,6% en 2018. Pour 2016, ces prévisions ont été revues légèrement à la hausse afin de refléter les prix de l'énergie. « Les taux resteront probablement très bas, voire négatifs, dans les prochains mois, avant de repartir à la hausse en 2016 », a indiqué M. Draghi.
Sur les mesures non conventionnelles de politique monétaire décidées en mars (EUROPE 11509), l'opération de rachat de titres émis par des entreprises non bancaires de la zone euro parmi les mieux notées par les agences de notation ('CSPP') débutera mercredi 8 juin. La date du mercredi 22 juin a été retenue pour le démarrage de la première opération ciblée de refinancement à plus long terme.
Après la baisse des principaux taux directeurs effectuée en mars, la BCE a maintenu, jeudi, les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement (0,00%), de la facilité de prêt marginal (0,25%) et de la facilité de dépôt (-0,40%). (Mathieu Bion)