Bruxelles, 13/04/2016 (Agence Europe) - Dans une résolution préparée par le Hongrois Tamas Meszerics (Verts/ALE) et adoptée en session plénière à Strasbourg, mercredi 13 avril, le Parlement européen déplore les progrès limités de la stratégie adoptée par l'UE en 2007 pour renforcer ses liens avec les pays d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan).
Réaffirmant le « vif intérêt » stratégique, économique et politique de l'UE pour le renforcement de ses relations avec les pays d'Asie centrale, sur la base des valeurs communes affirmées dans les accords de partenariat et de coopération (APC) conclus avec chacun de ces pays, le PE regrette que l'initiative stratégique prise en 2007 « ne [se soit] avérée viable et couronnée de succès que dans une mesure limitée ».
Pour le PE, les liens économiques « n'ont pas progressé de manière significative » et la promotion de la coopération et de l'intégration régionales en Asie centrale sur la base d'un transfert d'expérience et des normes de l'UE « stagne ». « L'UE n'a pas non plus été en mesure d'apporter à ce jour une contribution utile, fondée sur ses valeurs et ses modèles et concepts sociaux, ni aux graves problèmes socio-économiques et environnementaux des sociétés d'Asie centrale, ni à leur modernisation », regrette-t-il.
« Des progrès considérables restent à accomplir » dans tous les domaines décrits dans la résolution -démocratisation, droits de l'homme et État de droit ; droits des femmes et égalité des sexes ; éducation, jeunesse et échanges interpersonnels ; intégration économique, commerce et développement durable ; énergie, environnement, eau et transport ; coopération régionale, sécurité et gestion des frontières -, insiste-t-il.
Le PE dit toutefois « [avoir] bon espoir » que l'UE et ses partenaires d'Asie centrale « redoubleront sérieusement d'efforts » afin d'atteindre les buts et objectifs énoncés dans la stratégie pour l'Asie centrale et les APC conclus entre l'UE et chacun des pays de la région.
S'il convient, en accord avec le Conseil (EUROPE 11341), que la stratégie de 2007 et ses priorités sont « encore pertinentes », le PE demande que les priorités et objectifs soient « pensés davantage en fonction des intérêts, des besoins et de la situation générale » des pays d'Asie centrale, compte tenu de leurs différences et spécificités, et qu'ils soient « définis plus précisément au moyen de plans d'action individualisés et adaptés à chaque pays, et assortis de critères et d'indicateurs ».
Le PE dit se satisfaire du « caractère plutôt ambitieux » de la révision de la stratégie entreprise par le Conseil et partager sa décision de désigner l'Asie centrale comme revêtant une importance stratégique. « Il convient donc de renforcer dans les faits la coopération politique, diplomatique et commerciale et de soutenir la transition démocratique », insiste-t-il, se félicitant de la hausse de 56% de l'aide de l'UE pour le développement de la région et de son ciblage plus spécifique pour la période 2014-2020.
Le PE partage aussi l'avis du Conseil quant au besoin d'une « stratégie différenciée, conditionnelle et fondée sur des mesures incitatives pour parvenir à de meilleurs résultats à l'échelon bilatéral et régional ». À cet égard, il plaide pour l'adaptation des programmes régionaux en matière de gestion des frontières, de lutte contre le trafic de drogue et la traite des êtres humains, de transport et d'énergie afin de cibler aussi les autres pays de la région - l'Afghanistan, l'Iran, la Mongolie et l'Azerbaïdjan. (Emmanuel Hagry)