Bruxelles, 13/04/2016 (Agence Europe) - Le commissaire aux Négociations d'adhésion, Johannes Hahn, a annoncé, mardi 12 avril, « douter sérieusement que des élections crédibles soient encore possibles » en Ancienne République yougoslave de Macédoine, appelant tous les partis politiques à revenir à la table des négociations et à travailler pour les réformes.
Cette déclaration fait suite à la décision, plus tôt dans la journée, du président macédonien, Gjorge Ivanov, de faire arrêter les poursuites à l'égard de tous les hommes politiques soumis à des enquêtes criminelles liées au scandale des écoutes téléphoniques. L'opposition accuse l'ancien parti au pouvoir d'avoir mis en place un vaste système d'écoutes de milliers de personnes, dont des journalistes, des politiques et des chefs religieux.
Sur son compte Twitter, M. Hahn a estimé que la décision de M. Ivanov n'était pas « cohérente avec l'État de droit tel que je le conçois », précisant, dans une interview à Radio Free Europe, qu'il n'était « pas acceptable » que le président fasse arrêter les poursuites envers toutes ces personnes. Dans un communiqué, la porte-parole du commissaire a rappelé que « l'ARYM s'était elle-même engagée à promouvoir l'État de droit et la lutte contre l'impunité » et que, « dans ce contexte », la décision du président « soulevait de graves préoccupations ». « Cela arrive à un moment où toutes les parties devraient chercher des moyens de préserver l'Accord politique de Przino » de juin et juillet 2015, a-t-elle ajouté. « Nous appelons toutes les parties à éviter les interventions qui risquent de saper des années d'efforts dans le pays et avec le soutien de la communauté internationale pour renforcer l'État de droit », a précisé la porte-parole.
Sur Twitter, le commissaire Hahn a expliqué que les dirigeants politiques macédoniens devaient savoir que les actions récentes dans le pays « mettaient sérieusement en danger l'avenir euro-atlantique du pays ».
La porte-parole, interrogée par des journalistes mercredi 13 avril, a précisé que l'UE était très active, notamment via sa délégation sur place, pour trouver une solution à la crise.
Le Parlement de l'ARYM a été dissous le 6 avril, ouvrant la voie à des élections anticipées prévues pour le 5 juin (EUROPE 11521). Ces élections ont pour objectif de mettre fin à la crise politique dans le pays liée à des allégations d'écoutes téléphoniques illégales. (Camille-Cerise Gessant)