login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11520
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La Commission veut que l'accord avec la Turquie puisse démarrer le 4 avril

Bruxelles, 29/03/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a assuré, mardi 29 mars, qu'elle visait toujours la date du lundi 4 avril pour voir se mettre en oeuvre l'accord UE/Turquie trouvé le 18 mars, qui prévoit notamment le renvoi vers la Turquie de migrants arrivés en Grèce dont la demande d'asile a été jugée irrecevable par les autorités grecques.

La date du 4 avril pour faire précisément démarrer ces premiers retours « reste la cible », a affirmé Natasha Bertaud, porte-parole à la Migration au sein de la Commission.

Alors que les nuages se sont accumulés sur cet accord (EUROPE 11519), les autorités grecques ont expliqué que les changements législatifs requis pour le faire démarrer allaient être discutés cette semaine au Parlement grec. La loi sera adoptée par une procédure d'urgence. Pour rappel, la Commission a demandé à la Grèce de faire en sorte que les candidats déboutés en Grèce puissent contester les décisions via des voies de recours équitables. La Commission demande aussi que la Grèce désigne la Turquie comme 'pays tiers sûr', a dit Mme Bertaud, mais, du côté grec, on n'envisage aucune législation spécifique, l'idée étant de procéder au cas par cas à cette désignation de la Turquie comme 'pays tiers sûr' pour le candidat à l'asile concerné, avaient expliqué des porte-parole de la représentation grecque auprès de l'UE, jeudi 24 mars.

Les autorités grecques, de leur côté, ont procédé, en vertu de l'accord de réadmission bilatéral avec la Turquie, à 76 retours de migrants irréguliers ne pouvant prétendre à la protection internationale le 24 mars et à 71 retours le 25 mars, a ajouté Mme Bertaud. Les flux migratoires depuis la Turquie vers la Grèce ont en tout cas nettement baissé au cours des derniers jours avec 1 000 arrivées au cours de la semaine dernière, contre parfois « 2 000 arrivées par jour » au début de l'année, un signe « encourageant », a ajouté la porte-parole.

Celle-ci a par ailleurs assuré que les discussions avec les ONG dans les hotspots grecs se poursuivaient, alors que plusieurs associations comme Médecins sans frontières et même le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) ont dénoncé le régime d'enfermement réservé aux nouveaux migrants arrivés en Grèce après le 20 mars.

La Turquie, pour sa part, doit garantir une protection équivalente à la Convention de Genève pour tous les réfugiés, quelle que soit leur nationalité, présents sur son sol. Elle doit aussi plus spécifiquement, et par voie législative, faire en sorte que les demandeurs d'asile syriens déboutés en Grèce puissent voir leur protection renouvelée une fois qu'ils retournent en Turquie. Les autorités turques avaient fait savoir qu'elles refusaient ces changements législatifs, mais les discussions sont entamées entre Ankara et le coordinateur spécial de la Commission, Maarten Verwey, représentant de la Commission pour l'accord UE-Turquie, afin de trouver une issue. Le responsable européen doit d'ailleurs se rendre à nouveau cette semaine en Turquie pour poursuivre les négociations.

Surveiller l'apparition de nouvelles routes migratoires

« N'oublions pas que nous avons encore du travail devant nous concernant l'apparition d'autres routes migratoires vers l'UE, y compris la route passant par la Méditerranée centrale. C'est sur cette question que nous devrions nous concentrer », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, mardi à Bruxelles à l'issue d'une entrevue avec le Premier ministre monténégrin, Milo Dukanovic (voir autre nouvelle). Il a loué les efforts des pays concernés pour fermer la route des Balkans ayant permis à « la vague migratoire de diminuer de manière visible ». Et de considérer la mise en oeuvre, « en accord avec nos valeurs », de l'accord UE/Turquie sur la migration comme « crucial » pour faire face à la « crise humanitaire » qui sévit en Grèce.

Les garde-côtes italiens ont annoncé, lundi 28 mars, avoir secouru près de 1 500 migrants au large de la Libye au cours du week-end pascal. Un phénomène qui pourrait se poursuivre avec l'arrivée du printemps et l'application de l'accord UE/Turquie destiné à juguler les flux migratoires via la mer Égée. La nationalité des personnes secourues n'a pas été dévoilée, rapporte l'AFP. Depuis le début de l'année, près de 15 000 personnes sont arrivées en Italie, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR). Ce chiffre est en hausse de 42% par rapport à la même période de l'an dernier. (Solenn Paulic avec Mathieu Bion)