Bruxelles, 24/03/2016 (Agence Europe) - La commissaire aux Transports, Violeta Bulc, a rendu hommage aux victimes du vol 9525 de la Germanwings, jeudi 24 mars, à l'occasion du premier anniversaire du crash.
« Aussi dur que cela puisse paraître, j'aimerais aussi leur dire que cette tragédie n'a pas été vaine », a-t-elle ainsi commenté, avant de poursuivre: « Au lendemain de l'accident, nous avons pris des mesures immédiates afin d'éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise ». La commissaire a ainsi reconnu l'existence de « nombreux dysfonctionnements » dans le domaine de l'aviation civile, auquel il fallait remédier.
Le 27 mars 2015, soit deux jours après le drame, l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) émettait une série de recommandations immédiates, temporaires et non contraignantes, dont notamment la règle des quatre yeux, c'est-à-dire la présence en permanence de deux personnes dans le cockpit. Une recommandation qui avait été critiquée à l'époque, celle-ci pouvant générer de nouveaux risques dans les petits postes de pilotage ne disposant que d'une place aux commandes (EUROPE 11347).
Le 6 mai de la même année, la commissaire constituait un groupe de travail dirigé par l'AESA pour faire le point sur les premières données du crash. S'ensuivit un rapport le 17 juillet énonçant 6 recommandations: la règle des quatre-yeux, une évaluation psychologique renforcée, la mise en place de contrôles aléatoires d'alcoolémie et de dépistage de stupéfiants, un renforcement de la formation des examinateurs aéro-médicaux, la mise en place d'un référentiel européen de données aéro-médicales, des systèmes de soutien aux pilotes (EUROPE 11362). En octobre, la Commission a rendu public un plan d'action pour mettre en oeuvre ces recommandations (EUROPE 11414). Dernièrement, en France, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a demandé à la Commission européenne de prendre à bras-le-corps le dossier du secret médical afin de trouver un juste équilibre entre transparence et respect de la vie privée des patients.
En outre, le 7 décembre 2015, la Commission a présenté une stratégie pour l'aviation qui prévoit une révision en profondeur de la réglementation de base de l'UE en matière de sécurité, qui génère une certaine crainte du côté des aéroports (EUROPE 11411), lesquels anticipent une augmentation des coûts liés à la sécurité.
Ces craintes ont redoublé depuis les attentats qui ont frappé l'aéroport de Bruxelles-National le 22 mars (EUROPE 11517). Un groupe d'experts en matière de sécurité aérienne devrait en effet se réunir le 31 mars prochain afin de trouver des mesures « proportionnées » (EUROPE 11518). Le ministre français des Transports, Alain Vidalies, a annoncé le 24 mars sur la chaîne d'information en continu itélé que plus personne ne peut entrer dans les aéroports français sans papier d'identité et titre de transport. (Pascal Hansens)