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Bulletin Quotidien Europe N° 11519
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) inde

Commerce, migrations et climat au centre du 13ème sommet bilatéral

Bruxelles, 24/03/2016 (Agence Europe) - Les dirigeants de l'UE - le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker - et le Premier ministre indien, Narendra Modi, vont tenter, lors du 13ème sommet bilatéral UE/Inde le 30 mars à Bruxelles - le premier sommet bilatéral entre les deux partenaires depuis février 2012 (EUROPE 10551) - de donner un nouveau souffle au laborieux processus des négociations de libre-échange UE/Inde, mis en pause depuis le printemps 2013.

Relancer les négociations BITA. En 2015 et début 2016 (EUROPE 11466), l'UE et l'Inde ont tenté, en vain, de relancer le processus des négociations pour un accord bilatéral sur le commerce et l'investissement (BITA), lancé en 2007, mais mis en pause après 13 sessions de discussions au plan technique (la dernière en mai 2013), à la veille des élections générales en Inde au printemps 2014 qui ont porté au pouvoir Narendra Modi. Les deux parties n'avaient, à l'époque, jamais été en mesure d'aplanir leurs divergences sur plusieurs chapitres clés (EUROPE 10931). Mercredi, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, examinera avec la ministre indienne du Commerce, Nirmala Sitharaman, les moyens de relancer ce processus.

Initialement, l'UE et l'Inde voulaient dynamiser une relation commerciale qui a vu les échanges de marchandises doubler en une décennie pour atteindre plus de 80 milliards € en 2011, mais retomber à 72,5 milliards € en 2014 (dont 35,5 milliards € d'exportations pour l'UE). Leurs échanges de services sont aussi en légère baisse, passant de 24,3 milliards € en 2012 à 22,4 milliards € en 2014 (dont 11,8 milliards € d'exportations pour l'UE). En matière d'investissement direct étranger (IDE), le stock d'IDE de l'UE en Inde était de 34,7 milliards € fin 2013, alors que celui de l'Inde dans l'UE était de 9 milliards €.

Partenariat sur les migrations, l'eau et le climat. Au plan économique, les discussions du sommet porteront aussi sur le partenariat stratégique UE/Inde, lancé en 2004, et l'agenda à l'horizon 2020 qui définira les actions prioritaires dans ce cadre pour les cinq prochaines années.

À la lumière des crises migratoires actuelles en Méditerranée et dans l'océan Indien, la question des migrations aura aussi une place centrale. L'UE et l'Inde salueront la mise en place d'un programme conjoint sur la migration et la mobilité, qui couvrira la migration légale, la migration irrégulière, la protection internationale et les questions de développement liées aux migrations.

Les dirigeants de l'UE et de l'Inde vont aussi adopter des déclarations relatives à des partenariats dans deux domaines clés, l'eau d'une part, l'énergie et le climat, d'autre part. Le sommet doit aussi permettre de renforcer la coopération dans les domaines de la lutte conte le terrorisme, de la recherche et l'innovation, du marché numérique et des droits de l'homme.

En matière de politique étrangère, le sommet, auquel participera aussi, du côté européen, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, permettra d'évaluer les derniers développements dans les voisinages de l'UE et de l'Inde, incluant l'Ukraine, la Syrie, l'Afghanistan, le Pakistan, la Corée du Nord et le Népal.

Les parties discuteront aussi des défis mondiaux et réaffirmeront, à cet égard, le rôle clé du G20 pour la reprise de la croissance mondiale. Elles devraient aussi convenir d'entamer un dialogue sur la mise en oeuvre complète et rapide de l'agenda 2030 pour le développement durable. (Emmanuel Hagry)