Bruxelles, 24/03/2016 (Agence Europe) - Les autorités grecques ont lancé une nouvelle charge, mercredi 23 mars, contre le FMI qui requiert des coupes budgétaires additionnelles dans le cadre de la mission de suivi des créanciers institutionnels d'Athènes.
Les représentants du FMI sont « responsables » du retard dans les négociations « parce qu'ils veulent nous pousser au bord de la falaise », a dénoncé le secrétaire général à la politique budgétaire au ministère grec des Finances, Frangiskos Koutentakis, a rapporté le quotidien grec Ekathimerini sur son site anglophone, mercredi 23 mars. Il a accusé le FMI d'« entretenir l'incertitude » sur l'achèvement de la première mission de suivi du troisième plan d'aide à la Grèce. Et d'ajouter: « Nous n'arrêtons pas de leur dire que l'incertitude a un coût énorme pour l'économie, mais ils font semblant de ne pas comprendre et font des recommandations sur les dépenses que nous devrions supprimer ».
M. Koutentakis a également critiqué les « inexactitudes » provenant de l'organisation financière internationale. Alors que, selon le FMI, le budget grec a essuyé un déficit primaire de 0,6% du PIB, le gouvernement grec a mis en évidence un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 0,2%. « Ils contestent nos chiffres sans nous expliquer comment ils calculent les leurs », a lancé M. Koutentakis.
Selon le troisième plan d'aide grec, Athènes doit parvenir à un excédent budgétaire primaire de 3,5% en 2018 selon la trajectoire suivante: -0,25% en 2015, 0,5% en 2016, 1,75% en 2017 et 3,5% en 2018.
Le même jour, le ministère grec des Finances a fait état d'un excédent primaire plus important que prévu, celui-ci dépassant 3 milliards d'euros en janvier et février, soit 1 milliard de plus que l'objectif fixé. Malgré des recettes fiscales moindres, des rentrées supplémentaires proviennent de dividendes versés par la Banque de Grèce, de subventions de l'Union européenne et de dépenses budgétaires inférieures.
Le commissaire chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis, a rappelé que le respect des objectifs budgétaires du troisième plan de sauvetage financier et la gestion de la crise migratoire étaient séparés. « Nous reconnaissons que le gouvernement grec fait face à des défis sérieux et fournit une assistance dans le traitement de la crise des réfugiés, mais, en ce qui concerne les négociations du plan d'ajustement économique, une fois encore, les conditions (liées à l'octroi d'une aide) ont été fixées », a-t-il déclaré mercredi dans une interview à l'agence Bloomberg. Au Parlement européen, le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalatos, avait considéré impossible, début mars, de ne pas tenir compte de la crise migratoire et humanitaire à laquelle la Grèce est confrontée dans les négociations sur les efforts budgétaires et les mesures structurelles qu'Athènes doit entreprendre pour respecter ses engagements (EUROPE 11503).
La Grèce s'active pour concrétiser rapidement le volet 'renvoi de migrants vers la Turquie' de l'accord UE/Turquie sur la migration (voir autre nouvelle). La Commission évalue le coût de ces opérations à près de 300 millions d'euros totalement à la charge de l'échelon européen.
Ayant repris après la réunion des ministres des Finances du lundi 7 mars, les négociations entre Athènes et ses créanciers interinstitutionnels ont été interrompues le week-end dernier (EUROPE 11506). Selon le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, des progrès auraient été accomplis sur les réformes de l'impôt sur le revenu et des retraites. Les représentants des 'institutions' (Commission, BCE, FMI, MES) devraient retourner à Athènes lundi 4 avril. (Mathieu Bion)