Bruxelles, 05/02/2016 (Agence Europe) - La stratégie de l'UE pour le gaz naturel liquéfié (GNL) et le stockage de gaz, que la Commission proposera dans le cadre de son paquet d'hiver pour l'Union de l'énergie, mercredi 10 février, repose sur une coopération régionale accrue pour construire les chaînons d'infrastructures manquants dans l'UE et une coopération internationale forte avec les pays exportateurs de GNL.
L'objectif de la stratégie est double: l'UE doit, pour renforcer sa sécurité énergétique, profiter des perspectives d'un essor considérable (50%) de l'offre mondiale de GNL (grâce à l'exploitation d'importantes capacités de liquéfaction en Australie et aux États-Unis d'ici 2020 et un potentiel d'offre important ailleurs, dont en Méditerranée) et, par conséquent, de prix du GNL à venir moins élevés ; il s'agit aussi de permettre à ses États membres des régions Baltique, d'Europe centrale et orientale, dépendants d'un seul fournisseur et vulnérables aux ruptures dans l'offre de gaz, de rapidement développer des moyens d'accès au GNL.
Pour la Commission, exploiter le potentiel de croissance du marché international du GNL et rendre le marché de l'UE attractif nécessite trois impératifs: - s'assurer que l'infrastructure nécessaire est en place, en particulier dans les pays orientaux de l'UE ; - achever le marché intérieur du gaz, de sorte qu'il donne les bons signaux à la fois pour attirer le GNL et les investissements nécessaires dans les infrastructures ; - renforcer la coopération avec les partenaires internationaux pour promouvoir un marché liquide et transparent et renforcer ou mettre en place des dialogues avec les fournisseurs actuels et futurs.
En outre, l'évolution attendue des marchés du GNL nécessite un changement des installations de stockage de gaz de l'UE qui jouent un rôle clé pour l'optimisation de l'infrastructure du système gazier et son équilibrage et pour la sécurité d'approvisionnement de l'UE, mais dont le potentiel est sous-exploité.
Pour compléter l'infrastructure manquante dans le marché intérieur, la Commission mise sur une coopération régionale accrue. Elle considère « de la plus haute priorité » d'accélérer des décisions finales sur les projets prioritaires pour l'accès au GNL identifiés par chacun des trois groupes régionaux mis en place pour renforcer les interconnexions entre les pays de chacun de ces régions - l'Europe du Sud-Est (CESEC), la région Baltique (BEMIP) et l'Europe du Sud-Ouest (France et péninsule ibérique) - et demande aux États membres participant à ces groupes de progresser rapidement sur ces projets et de tirer des conclusions rapides sur la viabilité future de terminaux GNL. À cette fin, elle recommande de s'appuyer sur le Forum des infrastructures énergétiques récemment mis en place. Pour sa part, elle veillera à ce que les promoteurs de projets soient bien informés des options de financement mis à disposition (FESI, MIE, fonds structurels).
Pour achever le marché intérieur et lever les obstacles réglementaires, la Commission mise sur des initiatives pour les trois groupes régionaux. Pour le BEMIP, elle propose que les autorités nationales de réglementation établissent, d'ici la mi-2016, un plan d'action identifiant les mesures nécessaires pour gérer la fin de la dérogation prévue par le '3ème paquet énergie' afin d'ouvrir complètement le marché gazier de la Baltique et pour créer une zone de marché unique. Pour le CESEC, elle propose que les autorités nationales de réglementation établissent, d'ici la mi-2016, une feuille de route pour trouver des solutions réglementaires qui seraient examinées régulièrement par le groupe de haut niveau et au niveau ministériel. Pour l'Europe du Sud-Ouest, elle propose de travailler aux niveaux technique et politique pour soutenir l'achèvement de l'axe gazier nécessaire pour mieux relier la péninsule ibérique au marché intérieur du gaz et assurer son accès aux plateformes GNL.
Pour ce qui est du stockage de gaz, la Commission invite les États membres à garantir un accès physique adéquat pour le stockage, y compris en termes de capacité dans le réseau de transmission. Pour optimiser l'utilisation du stockage, elle mise sur une collaboration étroite entre pays voisins et sur l'adoption et le réglage des codes de réseau. Pour optimiser le rôle de stockage dans la sécurité de l'approvisionnement en gaz, la Commission mise sur la révision du règlement sur la sécurité gazière qui demandera aux États membres d'optimiser l'efficacité de l'utilisation transfrontalière du stockage par l'intermédiaire de plans d'action de prévention et d'urgence au niveau régional, à travers lesquels les États membres devront prendre des mesures pour faciliter la disponibilité et l'accès aux installations de stockage au niveau régional.
Au plan international, la Commission mise sur une collaboration étroite avec l'Australie et d'autres fournisseurs majeurs de GNL tels que le Qatar, sur ses dialogues de haut niveau sur l'énergie avec l'Algérie, les États-Unis et le Canada et sur une coopération étroite avec d'autres fournisseurs actuels et futurs (Nigéria, Égypte, Angola, Mozambique, Tanzanie, Israël, Liban, voire Iran, Irak et Libye). Elle table aussi sur une collaboration étroite avec d'autres grands importateurs de GNL comme le Japon et la Corée du Sud, afin de promouvoir la transparence, la liquidité et la résilience aux chocs extérieurs des marchés du GNL. Enfin, en ligne avec la révision de la décision sur les accords intergouvernementaux (AIG) entre des États membres de l'UE et des pays tiers dans le domaine de l'énergie, la Commission veut vérifier la conformité avec le droit de l'UE des AIG concernant du GNL. (Emmanuel Hagry)