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Bulletin Quotidien Europe N° 11480
Sommaire Publication complète Par article 26 / 26
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 1124

*** CHRISTINE KADDOUS (sous la dir. de): The European Union in International Organisations and Global Governance. Recent Developments. Hart Publishing (16C Worcester Place, Oxford, OX1 2JW, UK. Tél.: (44-1865) 517530 - fax: 510710 - Courriel: mail@hartpub.co.uk - Internet: http://www.hartpub.co.uk ). Collection "Modern Studies in European Law", n° 56. 2015, 279 p., 68 £. ISBN 978-1-84946-700-1.

Prolongement d'une conférence organisée à Genève à l'occasion du 50ème anniversaire du Centre d'études juridiques européennes de l'Université de Genève, cet ouvrage éclaire utilement la manière dont l'Union européenne se comporte dans les organisations qui participent à la gouvernance mondiale. Plus encore, les auteurs - experts et chercheurs, mais aussi diplomates et acteurs politiques - s'emploient à jauger le moyens dont l'Union dispose pour agir dans ces enceintes, à savoir les compétences qui lui sont concédées par les Etats membres et, partant, l'usage qu'elle peut en faire. A cette fin, ce ne sont pas seulement les retombées juridiques, politiques et économiques de sa participation qui se trouvent évaluées, mais aussi le degré de liberté et de compétences qui est « concédé » par les vingt-huit capitales à l'ensemble européen, les forces et faiblesses de l'action de l'Union étant bien entendu les conséquences de la volonté plus ou moins affirmée des Etats membres d'agir de concert. A la lumière des dispositions prévues en la matière dans le traité de Lisbonne et, entre autres, du lancement du Service européen d'action extérieure, Christine Kaddous (professeur de droit européen à l'Université de Genève) soulève cette problématique dès son introduction, tout en recherchant aussi les raisons qui expliquent la présence de plus en plus affirmée de l'Union européenne dans les grandes enceintes internationales.

La première d'entre elles à être étudiée sous l'angle du rôle qu'y joue l'Union est l'Organisation des Nations unies, notamment à la lumière de l'expérience de Mariangela Zappia qui, en sa qualité de patronne de la Délégation européenne à Genève, a notamment vécu l'élaboration de la résolution sur la participation de l'Union adoptée par l'Assemblée générale en 2011. Conseiller juridique de l'Onu à Genève, Markus Schmidt s'emploie, pour sa part, à apprécier l'apport de l'Union dans cette enceinte, en particulier dans le domaine des droits de l'homme. Pas moins de quatre auteurs conjuguent ensuite leurs efforts pour évaluer juridiquement et politiquement la représentation de l'Union dans les organes onusiens que sont la FAO, l'Agence internationale de l'énergie atomique et l'Unesco, ce qui les amène au constat un peu déprimant mais pas tellement surprenant qu'il n'existe toujours pas, à l'heure actuelle, de stratégie convaincante pour améliorer le statut de l'Union dans le système des Nations unies.

La deuxième partie est consacrée, exactement dans le même esprit, à la participation de l'Union à une Organisation internationale du travail dont elle… n'est pas membre en dépit de ses compétences dans le domaine de la politique sociale, son apport étant dès lors jaugé à la lumière de la coordination qui prévaut entre elle et ses Etats membres. Une juriste de l'OIT souligne, pour sa part, la convergence des objectifs poursuivis par les deux ensembles, notamment pour ce qui est de la promotion du « travail décent ». Pour ce qui est de l'Organisation internationale du commerce, les fonctionnaires européens Detlev Brauns et Tomas Baert expliquent pourquoi l'Union y occupe une place tout à fait spécifique et de nature sui generis par rapport aux autres enceintes onusiennes présentes à Genève, tandis que leur collègue Frank Hoffmeister avance que la participation de l'Union dans cette enceinte pourrait, sous certaines conditions à vérifier et remplir, constituer un modèle à retenir. Dans les deux parties suivantes, ce sont les rapports noués par l'Union avec l'Organisation mondiale de la santé et l'Organisation internationale de la propriété intellectuelle qui sont soupesés, toujours dans le même esprit, l'exercice conduisant en définitive au constat général que la présence onusienne de l'Union, si elle se révèle complexe, n'est pas synonyme de cacophonie. Pierre Bouvier

*** MAREK NEUMAN: Too small to Make an Impact? The Czech Republic´s Influence on the European Union´s Foreign Policy. Peter Lang (1 Moosstrasse, P.O. 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). 2015, 308 p., 54,95 €. ISBN 978-3-631-65206-0.

A partir d'une problématique visant à savoir quelles sont les possibilités d'action d'un petit pays sur la politique étrangère européenne, Marek Neuman étudie dans ce livre l'influence de la République tchèque dans ce domaine. Pour étayer son étude, l'auteur observe l'influence tchèque dans des domaines considérés comme fondamentaux par la politique extérieure tchèque, à savoir les relations avec la Russie et les pays de l'espace post-soviétique, le partenariat oriental, le secteur de la sécurité énergétique - soit une question liée pour une grande part, aux yeux des Tchèques, aux relations avec la Russie - et la promotion de la démocratie. Le caractère fondamental de ces domaines d'études est solidement appuyé par des considérations géopolitiques et historiques. Grâce à un apport théorique en sociologie des relations internationales, à une application des concepts utilisés et à une analyse des processus internes de négociation au sein de l'Union européenne, Marek Neuman évalue les réussites et les échecs de la politique tchèque en matière d'influence sur la politique extérieure européenne et, d'une manière plus large, détermine les facteurs clés permettant à un Etat-membre d'exercer son influence dans ce domaine. (GLe)

*** DIMITRIS KAIRIDIS: Le nationalisme, les conflits ethniques et les relations internationales. La théorie et la pratique dans les Balkans. Editions Sideris (116 rue Solonos, Gr-10681 Athènes. Tél.: (30-210) 3833434 - fax: 3832294 - Courriel: contact@isideris.gr). 2015, 412 p., 29 €. ISBN 978-960-080-690-8.

Dans cet ouvrage, un professeur de relations internationales au Département des études balkaniques, slaves et orientales de l'Université de Macédoine à Thessalonique présente les recherches les plus récentes dans le domaine de l'étude du phénomène des conflits nationalistes et ethniques à l'échelle internationale. En même temps, il s'emploie à lier ces recherches avec les développements et controverses théoriques les plus larges enregistrés dans le domaine des relations internationales, principalement les questions épistémologiques et méthodologiques. Son objectif est ainsi de faire la lumière sur deux conflits ethniques emblématiques, à savoir les guerres intervenues lors de l'explosion de l'ex-Yougoslavie et à Chypre qui, des décennies durant, ont déterminé la sécurité dans leur voisinage. A travers l'histoire et de la réflexion théorique, l'auteur essaie de dégonfler une série de croyances dominantes sur les Balkans et les conflits ethniques en général. Son examen procède d'une question fondamentale: en fin de compte, jusqu'à quel point les conflits ethniques sont-ils réellement « ethniques » ? (AKa)

*** HÜSEYIN ISIKSAL, OZAN ÖRMECI (sous la dir. de): Turkish Foreign Policy in the New Millennium. Peter Lang (voir coordonnées supra). 2015, 730 p., 99,95 €. ISBN 978-3-631-66402-5.

Cet ouvrage est imposant par le nombre de pages et de chapitres qu'il contient, ce parce que la politique étrangère que mène la République turque depuis la chute de l'Empire ottoman est un sujet d'étude qui ne peut être évacué en quelques dizaines de pages, sous peine de superficialité coupable. Les jeunes scientifiques qui s'y trouvent réunis à l'initiative de deux enseignants de l'Université américaine Girne de Kyrenia (partie nord de Chypre) ont tout au contraire procédé à une analyse en profondeur des principaux axes qui ont été suivis par les responsables de cette politique depuis le Serment national prêté par les compagnons d'Atatürk en 1919 en vue de bâtir la République. L'ouvrage en impose aussi par les diverses perceptions idéologiques qui s'y expriment, ce dont témoignent les avant-propos de deux diplomates et anciens ministres turcs des Affaires étrangères qui ne sont pas du même bord politique. En réalité, explique Ozan Örmeci dans son introduction, « le point commun de tous les articles est qu'ils visent à amener la Turquie à avoir un système démocratique libéral en soutenant son intégration occidentale et à aider les acteurs régionaux à œuvrer à la paix et à la stabilité ». Il dit vrai, mais le corps de l'ouvrage montre bien que de solides nuances s'imposent… Une fois les principes de base et les grands axes de la politique étrangère d'Ankara passés en revue, les relations du pays avec la plupart des parties du monde sont passées méthodiquement en revue, du Moyen-Orient à l'Amérique et à l'Asie la plus éloignée en passant par les Balkans, le pourtour méditerranéen, le Caucase, l'Asie centrale et les Etats-Unis, sans parler des organisations internationales. Une attention forte est naturellement consacrée aux relations de la Turquie avec l'Union européenne, lesquelles font l'objet de pas moins de quatre contributions - et de bien plus encore si l'on y ajoute le cas spécifique de Chypre. Il en ressort notamment que seule la société civile turque reste réellement désireuse d'une adhésion à l'Union. Pour le reste, il est reconnu que la polarisation de plus en plus grande entre laïcité et islam pourrait fragiliser la démocratie turque et même affaiblir sa traditionnelle orientation occidentale. (MT)

*** LUCIO LEVI: Una Helsinki 2 nel Mediterraneo. Centro Studi sul Federalismo (30 via Real Collegio, I-10024 Moncalieri. Tél.: (39-11) 6705024 - fax: 6705081 - Courriel: info@csfederalismo.it - Internet: http://www.csfederalismo.it ). Collection « « Policy Paper », n° 12. 2015, 26 p.

Dans ce bref « Papier politique » du Centre d'études sur le fédéralisme, le fédéraliste italien Lucio Levi part du constat difficilement réfutable que garantir la sécurité en Méditerranée est une condition sine qua non pour pouvoir assurer la stabilité et le développement économique de l'Afrique et du Proche-Orient. Parce que les Etats-Unis ont perdu de leur superbe et que l'Union européenne n'a pas les moyens de pouvoir y agir seule en ce sens, ce professeur de science politique et de politique comparée (Université de Turin) préconise la convocation d'une Conférence pour la sécurité et la coopération en Méditerranée qui, s'inspirant de la Conférence d'Helsinki sur le relations entre l'Est et l'Ouest avant la fin de la guerre froide, réunirait tous les Etats de la région et les grandes puissances. (MT)

*** GHIA NODIA, CHRISTOPH H. STEFES (sous la dir. de): Security, democracy and development in the Southern Caucasus and the Black Sea Region. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Interdisciplinary studies on Central and Eastern Europe". 2015, 380 p., 87,30 €. ISBN 978-3-0343-1300-1.

Ce recueil d'articles traite de la situation politique des Etats du pourtour de la mer Noire, avec un éclairage particulier sur les Etats du Caucase du Sud. Les différents articles évoquent - parfois en détail - la difficile transition du système soviétique à l'indépendance pour les Etats issus de l'Urss, sur les plans politique, stratégique et pour ce qui est du processus de construction nationale des nouveaux Etats. Les problématiques propres à cette région, comme la question des Etats autoproclamés, les conflits gelés, les enjeux énergétiques, la réussite ou l'échec des révolutions de couleur selon les pays sont également amplement traitées. Sont également posées les questions consistant à savoir quelle place stratégique revient à cette région dans le jeu entre les grandes puissances et par quel biais les pays occidentaux peuvent intervenir de manière pertinente en vue de favoriser la modernisation de ces pays. (GLe)

*** L'Europe en formation. Revue d'études sur la construction européenne et le fédéralisme - Journal of Studies on European Integration and Federalism. Centre international de formation européenne (« L'Adriatic », 81 rue de France, F-06000 Nice. Tél.: (33-4) 93979397 - fax: 93979398 - Courriel: europe.formation@cife.eu - Internet: http://www.cife.eu ). 2015, n° 375, 191 p., 20 €. Abonnement: 50 €.

Ce numéro de la revue lancée par le fédéraliste intégral Alexandre Marc est essentiellement composé d'un dossier consacré aux relations entre l'Union européenne et les pays de l'Asie centrale. Des experts venus de cette région comme d'Europe avaient été conviés, en août 2014, à une conférence organisée au Kazakhstan pour envisager l'état de ces relations et leurs perspectives à la lumière de thèmes tels que la promotion de la démocratie, les ressources naturelles et la problématique plus large de la sécurité ; leurs analyses sont reprises dans ce dossier. (PBo)

*** SA M LYES: Crimes internationaux et immunité de l'acte de fonction des anciens dirigeants étatiques. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection “Cultures juridiques et politiques”, n° 7. 2015, 232 p., 68,50 €. ISBN 978-3-0343-1690-3

Cet ouvrage est le prolongement d'une thèse consacrée à l'immunité pénale d'anciens dirigeants étatiques. Ainsi que le prouve le cas de l'ex-président ivoirien Gbagbo, actuellement jugé pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, cette immunité ne vaut que le temps où le pouvoir est détenu, tant il est vrai que, comme l'a souligné Emmanuel Decaux dans son Annuaire français de droit international, c'est le pouvoir qui protège le chef d'Etat, « non le droit ». Le sujet est toutefois beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Dans cette étude, Sam Lyes examine le bien-fondé de l'hypothèse selon laquelle, contrairement à ce que la doctrine a pu dire, les crimes internationaux peuvent constituer des « actes de fonction' des agents étatiques et, par conséquent, des actes de la collectivité étatique. Dans un premier temps, ce docteur en droit international public qui est aujourd'hui maître de conférences à l'Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou en Algérie s'emploie à démontrer que les crimes internationaux impliquent par définition l'intervention de l'appareil étatique et qu'ils sont commis, par conséquent, par des hauts responsables étatiques ès qualité, dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions. Dans la seconde partie, il s'attache aux conséquences juridiques qui peuvent naître d'une telle qualification au stade de la responsabilité pénale des individus-organes. (PBo)

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