Strasbourg, 26/01/2016 (Agence Europe) - Il y a un an, suite à l'annexion de la Crimée, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) avait suspendu le droit de vote de la délégation russe ainsi que sa participation aux travaux de différents organes statutaires et au suivi des élections. Les parlementaires russes étaient alors repartis sur le champ à Moscou et n'ont pas siégé à Strasbourg depuis ces événements.
On pensait qu'ils réintégreraient les bancs de l'assemblée à l'occasion de l'ouverture de la session 2016, puisque c'est en janvier que sont réexaminés les pouvoirs de chaque délégation nationale. Cela n'a pas été le cas. Dès le 18 janvier en effet, une lettre adressée par les présidents des deux chambres du Parlement russe a informé Anne Brasseur, présidente de l'APCE, que les pouvoirs de leur délégation feront l'objet d'une requête « plus tard ».
De facto, cela exclut la délégation russe des travaux de l'APCE jusqu'en janvier 2017 - un nouvel examen des pouvoirs n'étant prévu par le règlement qu'à cette date - mais il reste la possibilité pour Moscou de présenter une nouvelle délégation après les élections législatives prévues le 18 septembre prochain. Cela lui demanderait cependant d'en définir la composition dans un délai extrêmement court, puisque la session d'automne de l'APCE débutera le 10 octobre.
Un blocage qu'a déploré Anne Brasseur lundi matin, lors de sa dernière conférence de presse en tant que présidente de l'APCE. « Il s'agit là d'une information très politique », a-t-elle dit. « Nous avons des divergences de vue avec Moscou, mais ce n'est que par le dialogue que nous pourrons les résoudre. Au final, il semble que tout dialogue soit impossible. Je le regrette ». (Véronique Leblanc)