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Bulletin Quotidien Europe N° 11471
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) banques

M. Dijsselbloem veut un traitement « plus réaliste » du risque pays

Bruxelles, 19/01/2016 (Agence Europe) - Le président en exercice du Conseil Ecofin, Jeroen Dijsselbloem, est favorable à une limitation de l'exposition des banques européennes aux dettes publiques de l'État membre dans lequel elles sont établies.

« Nous avons besoin d'une approche réglementaire plus réaliste en matière de traitement des risques que représentent les titres souverains que détiennent les banques. La crise a clairement montré que de telles expositions n'étaient pas sans risque », a déclaré le ministre néerlandais des Finances, dans une tribune qu'a publiée le Wall Street Journal, mardi 19 janvier. Alors que l'union bancaire vise à réduire l'interdépendance entre risque bancaire et risque pays, « notre objectif devrait être de faire en sorte que les banques survivent à une restructuration potentielle de la dette de leur gouvernement national », a-t-il estimé. Et d'ajouter: « Ceci devrait nécessiter l'introduction de limites en matière de concentration qui instaureraient un plafonnement des titres de dette du pays d'origine pour les banques en tant que proportion des actifs totaux ou du capital total ».

M. Dijsselbloem est notamment d'avis que l'opération 'quantitative easing' de la BCE constitue un moment opportun pour une telle réforme, la BCE étant en mesure de racheter les titres souverains dont les banques se sépareraient éventuellement. Pour éviter aussi un renchérissement des coûts de financement pour les pays qui seraient les plus concernés, notamment l'Italie.

Afin de réduire davantage les risques financiers et, in fine, la probabilité que l'argent public éponge les pertes bancaires, le président de l'Eurogroupe plaide pour l'introduction d'un ratio « ambitieux » d'endettement avec effet de levier qui pourrait imposer aux banques d'importance systémique de détenir des niveaux de fonds propres de qualité optimale équivalant à « au moins 4% » des actifs totaux.

En parallèle des travaux visant à compléter l'union bancaire en zone euro à travers la mise en place d'un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS), la Commission européenne a énuméré plusieurs pistes afin de réduire davantage les risques présents sur les marchés financiers (EUROPE 11437 et 11436). Sont notamment envisagées la remise en cause des discrétions nationales dans la législation bancaire afin de créer un corpus de règles uniformes ('single rule book'), l'introduction dans le droit de l'UE de l'accord du G20 sur le coussin 'TLAC' pour les grandes banques systémiques (EUROPE 11431) et la calibration de ratios prudentiels. (Mathieu Bion)

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