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Bulletin Quotidien Europe N° 11471
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) proche-orient

L'UE menace de prendre des mesures pour préserver la solution à deux États

Bruxelles, 19/01/2016 (Agence Europe) - Dans des conclusions saluées par l'Organisation de libération de la Palestine et dénoncées par Israël, les ministres des Affaires étrangères européens ont menacé, lundi 18 janvier, Israéliens et Palestiniens de prendre des mesures pour protéger la viabilité d'une solution à deux États.

Soulignant sa ferme opposition à toutes actions portant atteinte à la viabilité de la solution à deux États, le Conseil de l'UE a appelé Israéliens et Palestiniens à démontrer, à travers des politiques et des actions, « un véritable engagement à réaliser cette solution dans le but de rétablir la confiance et d'avoir un retour à de véritables négociations ». « À cette fin, l'UE va continuer à suivre de près les développements sur le terrain et leurs implications plus larges et va envisager des mesures supplémentaires afin de protéger la viabilité de la solution à deux États, qui est constamment érodée par de nouveaux faits sur le terrain », ont prévenu les ministres.

Le Conseil a rappelé que les colonies, illégales en droit international, « constituaient un obstacle à la paix et menaçaient de rendre impossible » cette solution à deux États. L'UE est fermement opposée « à la politique de colonisation d'Israël et aux actions entreprises dans ce contexte », ont ajouté les ministres, appelant aussi à « un changement fondamental de la politique d'Israël concernant les territoires palestiniens occupés, en particulier dans la zone C ».

Les conclusions, les premières adoptées depuis la publication par l'UE de ses orientations pour l'étiquetage des produits issus des colonies - orientations que certains États membres ne souhaiteraient pas appliquer -, soulignent que « l'UE et ses États membres se sont engagés à assurer la mise en oeuvre pleine, effective et continue de la législation existante de l'UE et des accords bilatéraux applicables aux produits des colonies ». Les accords conclus entre Israël et l'UE doivent « clairement et explicitement indiquer leur inapplicabilité dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 », conformément au droit international, ajoute le Conseil. Pour les ministres, « ceci ne constitue pas un boycott d'Israël auquel l'UE s'oppose fermement ».

Condamnant les attaques et la violence des deux côtés, le Conseil appelle une nouvelle fois tous les responsables politiques à faire preuve de retenue, à une réponse proportionnée et à travailler ensemble pour restaurer le calme. « L'UE est convaincue que seul le rétablissement d'une perspective politique et la reprise du dialogue peuvent arrêter la violence », affirme le texte.

Des conclusions diversement accueillies

Le ministère des Affaires étrangères israélien a dénoncé ces conclusions. Selon lui, « l'UE continue d'appliquer un 'double standard'(…) en ignorant la responsabilité de l'Autorité palestinienne dans l'impasse diplomatique et l'incitation à nourrir la vague actuelle de terrorisme palestinien ». « L'UE a choisi de faire de la discrimination envers Israël. Cette approche empêche l'UE d'être un intermédiaire honnête dans le conflit », a ajouté le ministère. Il a précisé que les efforts diplomatiques et politiques du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et du ministère des Affaires étrangères avaient permis d' « adoucir le langage » des conclusions. Alors que ces conclusions auraient dû être adoptées sans débat lors du Conseil, plusieurs États membres, dont la Grèce, avaient demandé qu'elles fussent débattues par les ministres et retravaillées, et ceci, selon des médias israéliens, en raison de pressions israéliennes.

De son côté, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a salué les conclusions. « Cette décision est un message au gouvernement israélien lui signifiant que peu importe à quel point il investit pour imposer et justifier un régime d'apartheid en Palestine, cela ne sera reconnu par personne », a souligné le secrétaire général de l'OLP, Saeb Erekat. « Nous nous réjouissons d'une plus grande implication de l'Europe, y compris un appel pour une approche multilatérale dans le but de mettre fin à l'occupation israélienne qui a commencé en 1967 », a-t-il ajouté. M. Erekat a cependant espéré que l'UE allait prendre des « mesures immédiates », telles que l'interdiction des produits des colonies. (Camille-Cerise Gessant)

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