Strasbourg, 19/01/2016 (Agence Europe) - Les deux rapporteurs du Parlement européen sur les défis posés à l'UE par les migrations, la Maltaise Roberta Metsola (PPE) et l'Italienne Cécile Kashetu Kyenge (S&D), ont à nouveau appelé les États membres à mettre en oeuvre leurs engagements en termes d'accueil des réfugiés et, notamment, à renforcer les frontières extérieures de l'UE afin de préserver l'espace de libre circulation Schengen.
Les deux députées s'exprimaient mardi 19 janvier lors d'une conférence de presse, au lendemain d'une discussion sur leur rapport d'initiative en cours de préparation la veille au soir en commission des libertés civiles (LIBE). Concrètement, les deux élues font des « recommandations politiques » dans leur rapport et demandent des efforts aux États membres dans une série de domaines, à commencer par le sauvetage en mer. Il faut, selon elles, aller plus loin que ce que font actuellement l'agence Frontex et l'opération Triton. Il faut aussi dépénaliser tous les actes de solidarité envers les personnes secourues en mer.
En matière de relocalisation (moins de 300 personnes ont été réparties dans l'UE sur les 160 000 qui doivent être accueillies en deux ans), les deux députées ont appelé les États membres à jouer leur rôle et à se partager les responsabilités. Il faut aussi travailler sur une « approche contraignante » pour la réinstallation des réfugiés et sur les voies légales de migration, via les 'visas humanitaires'.
Il faut en effet éviter que les réfugiés empruntent la mer et ne se retrouvent dans les filières de passeurs, ont insisté les deux élues. Il faut également faire en sorte que la politique de retour fonctionne mieux et que les personnes n'ayant pas droit à la protection puissent être rapidement renvoyées.
Le rapport insiste aussi sur la révision du règlement de Dublin, prévue en mars par la Commission européenne. « Il faudrait aussi prévoir des allocations par pays jusqu'à atteindre un certain quota », a notamment dit Mme Kyenge.
Selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), 31 244 personnes sont arrivées en Grèce par la mer depuis le début du mois de janvier. L'OIM s'attend à ce que le nombre d'arrivées excède celui de 2015 où 853 650 personnes étaient arrivées en Grèce. (Solenn Paulic)