Bruxelles, 14/01/2016 (Agence Europe) - Le Premier ministre polonais, Mme Beata Szydlo, a indiqué, jeudi 14 janvier à la télévision polonaise, que le pays n'encourait aucun risque de sanctions après que la Commission européenne a décidé la veille de lancer la première étape du mécanisme sur l'État de droit (EUROPE 11467) consistant à ouvrir un dialogue plus approfondi avec la Pologne sur sa loi réformant le Tribunal constitutionnel. La Commission a également émis des doutes sur la nouvelle loi sur les médias.
Ce processus « ne mènera pas à des sanctions », a-t-elle réagi. « Il n'y a pas de risques de sanctions contre la Pologne. La Commission européenne ne peut pas imposer de punitions », a-t-elle déclaré, ajoutant que les procédures lancées étaient « normales » et n'avaient rien d'extraordinaire.
Le cas polonais figurait à l'ordre du jour parmi 12 autres points, a-t-elle observé, dont la question migratoire. « C'est de cela dont on devrait parler ». La responsable polonaise a expliqué que la Commission recevrait toutes les informations voulues sur ces réformes, mais a mis en cause le Premier vice-président, Frans Timmermans, dont elle a mis en doute la compétence car étant issu d'un pays, les Pays-Bas, qui n'a pas de Cour constitutionnelle.
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, a, lui, estimé que M. Timmermans faisait preuve d'incohérence, a rapporté Reuters, en demandant un dialogue avec Varsovie tout en activant le mécanisme. Ce dernier peut amener la Commission à émettre des recommandations à tel ou tel pays qui manifesterait des signes pouvant porter atteinte aux valeurs de l'UE. La phase de sanctions peut, elle, intervenir ultérieurement dans le cadre de la procédure de l'article 7. (Solenn Paulic)