Bruxelles, 14/01/2016 (Agence Europe) - Fin 2015, le plan 'Juncker' avait mobilisé 50 milliards d'euros d'investissements additionnels, soit 16% de l'objectif d'investissement total espéré sur trois ans, selon des données qu'a publiées jeudi 14 janvier la Banque européenne d'investissement (BEI).
Sur les 50 milliards d'euros d'investissements mobilisés, la moitié provient de 42 projets soutenus par le BEI et bénéficiant d'une aide de 5,7 milliards d'euros au titre du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras financier du plan 'Juncker' d'investissements mis en oeuvre depuis septembre 2015 (EUROPE 11364). L'autre moitié provient de 84 opérations soutenues par le Fonds européen d'investissement (FEI) et bénéficiant d'une aide européenne d'1,8 milliard d'euros du FEIS.
Fin 2015, nous avions atteint « 16% de l'objectif total » d'investissement, a déclaré Werner Hoyer, le président de la BEI, jeudi 14 janvier. Il n'a pas souhaité chiffrer un éventuel objectif pour 2016 ni 2017, se disant « optimiste » quant à la capacité de l'institution européenne d'atteindre l'objectif d'investissement total du plan 'Juncker' fixé à 315 milliards d'euros d'investissements additionnels d'ici à mi-2017. Plus de la moitié des projets soutenus serviront à protéger l'environnement ou à lutter contre les dérèglements climatiques, le reste des projets ayant notamment pour objectif de stimuler l'innovation et de soutenir les PME.
M. Hoyer a indiqué que toutes les opérations bénéficiant de la garantie publique basée sur le budget communautaire via le FEIS avaient reçu le feu vert de la Commission européenne. Ces opérations ne seront pas réexaminées par le comité d'investissement, l'organe du FEIS officiellement chargé d'octroyer cette garantie. Récemment mis sur pied, le comité d'investissement sera en mesure d'assurer ses fonctions à partir de « fin janvier », a souligné le président de la BEI. Il a aussi relevé l'importance de disposer de plates-formes ('hub') décentralisées et performantes pour conseiller et mettre en relation les porteurs de projets et les investisseurs.
Interrogé sur la participation chinoise au plan 'Juncker', M. Hoyer a confirmé être en « contact étroit » avec les autorités et les investisseurs chinois désireux de participer au plan 'Juncker, sans toutefois donner plus de précisions sur les modalités de cette participation (EUROPE 11400). De même, des contacts ont été établis entre la BEI et les représentants de la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB), qui sera formellement constituée dans les jours à venir (EUROPE 11285).
VW. Quant aux relations entre la BEI et le constructeur automobile VW, accusé d'avoir triché sur le niveau d'émission de certains véhicules diesel aux États-Unis, M. Hoyer a fait état d'un prêt de 400 millions d'euros signé en 2009 et totalement remboursé en 2014 pour lequel un lien avec les activités frauduleuses n'avait pu être établi ni totalement écarté. « Pour être sûrs, nous avons décidé de stopper tout nouveau prêt à Volkswagen à ce stade (…) pour au moins une année », a-t-il souligné. (Mathieu Bion)