Bruxelles, 04/11/2015 (Agence Europe) - Les associations méditerranéennes qui promeuvent l'accès aux soins de santé « s'inquiètent des conséquences » des accords de libre-échange en cours de négociations avec l'UE, en particulier de leurs « dispositions relatives à la propriété intellectuelle ».
La perspective de la signature, par chacun des pays de la région, d'un 'accord de libre-échange complet et approfondi' (ALECA) avec l'UE suscite de fortes critiques venant de la société civile, comme c'est encore le cas en Tunisie où les négociations ont été formellement lancées le 13 octobre (EUROPE 11410).
L'Association tunisienne de lutte contre les MST et le Sida (ATL MST Sida-Tunis) et la 'Coalition internationale pour la préparation aux traitements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient' (ITPC-MENA) joignent leurs efforts pour dénoncer la conclusion de tels accords. Dans cet esprit, elles annoncent l'organisation, à Tunis, d'un atelier de sensibilisation autour de la problématique de « La propriété intellectuelle et les barrières à l'accès au traitement », qui aura lieu du lundi 16 au mercredi 18 novembre 2015. « Cet atelier sera l'occasion d'un renforcement des capacités et d'un partage d'expériences », indique un communiqué. Des associations d'autres pays de la Méditerranée seront parties prenantes.
Les dispositions envisagées dans l'accord « obligeraient la Tunisie à renoncer aux flexibilités de sa propre législation et des accords ADPIC » sur la propriété intellectuelle. Ces derniers, relevant de l'OMC, « permettent à tout pays, qui le juge nécessaire, d'importer ou de produire un générique d'un médicament pourtant breveté dans de nombreux autres pays », affirme le directeur régional d'ITPC-MENA, Mohamed Msefer.
Les associations similaires marocaines ont déjà fait valoir en janvier dernier le risque d'une limitation ou d'une exclusion de l'accès aux médicaments par l'accord que leur pays est en train de négocier avec l'UE. (EUROPE 11239). Othman Mellouk, qui les représente et qui est par ailleurs membre du conseil d'administration de l'Association pour l'accès au traitement (ITPC-MENA), estime que « loin d'encourager les économies nationales, ces accords comportent de nombreuses mesures néfastes pour le développement, en particulier pour l'accès aux médicaments et le développement des génériques, d'autant que ces négociations sont enveloppées d'une grande opacité ». (Fathi B'CHIR)