Bruxelles, 03/11/2015 (Agence Europe) - Le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, et le ministre luxembourgeois chargé de l'Asile et de l'Immigration, Jean Asselborn, officialiseront, mercredi 4 novembre à Athènes, la première opération de relocalisation de réfugiés depuis la Grèce, trente personnes devant en effet être relocalisées vers le Luxembourg, ont indiqué la Commission européenne et la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE, mardi 3 novembre dans un communiqué.
Ces trente relocalisations s'ajoutent aux 86 réfugiés déjà relocalisés depuis l'Italie, notamment vers la Suède, cela dans le cadre des décisions adoptées en septembre par les ministres de l'Intérieur portant sur la répartition dans l'UE de 160 000 personnes en besoin de protection internationale, essentiellement d'origine syrienne et irakienne (EUROPE 11394 et 11395).
Plus de 600 000 personnes sont arrivés en Grèce depuis le début de l'année selon des chiffres donnés par la Commission. Vendredi 30 octobre, la Commission avait expliqué que la France et l'Espagne s'étaient portées volontaires pour procéder à leur tour à des relocalisations, processus qui, selon les termes des décisions adoptées par les ministres de l'Intérieur, doit se dérouler sur deux ans. À ce stade, 14 États membres se sont engagés sur un total de 1 418 places sur un total de 160 000 places.
La relocalisation depuis la Grèce, qui peine à mettre en place les dispositifs 'hotspots' d'enregistrement et d'identification des migrants qui arrivent, « est non seulement un moment symbolique mais aussi une étape cruciale dans un processus qui doit devenir systématique », a commenté M. Avramopoulos précisant que tous les 'hotspots' (5 en Grèce) doivent maintenant fonctionner. Le Luxembourg voulait aussi, pour le symbole, être le premier pays à accueillir des réfugiés depuis la Grèce.
Dans la foulée du départ de ces 30 personnes, MM. Asselborn et Avramopoulos se réuniront avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et le ministre grec délégué à la Migration, Yannis Mouzalas, pour faire le point sur la gestion de la crise migratoire sur les îles de la Méditerranée ainsi que sur le fonctionnement des 'hotspots', « afin de rendre ceux-ci pleinement opérationnels et d'accroître la cadence des relocalisations », a expliqué la Présidence luxembourgeoise, dans un communiqué.
Mercredi se tiendra aussi entre les parties concernées la seconde téléconférence consacrée à la situation sur la route migratoire des Balkans (EUROPE 11419). La Slovénie devrait informer ses partenaires des avancées en matière d'envoi de 400 policiers que lui ont promis les leaders des pays touchés lors du mini-sommet organisé à la Commission, le 25 octobre. Cette dernière a encore précisé, mardi, que deux nouveaux pays (Royaume-Uni et Luxembourg) avaient annoncé leur soutien au mécanisme de protection civile activé par la Croatie, la France ayant elle annoncé son support au mécanisme de protection civile concernant la Slovénie.
Mme Merkel évoque de possibles affrontements armés
La chancelière allemande, Angela Merkel, a, de son côté, mis en garde, lundi soir lors d'un rassemblement de la CDU à Darmstadt, contre de possibles affrontements armés entre pays des Balkans, par où transitent la plupart des réfugiés, dans l'hypothèse où l'Allemagne fermerait sa frontière avec l'Autriche, ont rapporté les médias allemands. Il y a déjà dans les pays de l'ouest des Balkans des tensions et « je ne veux pas qu'on en arrive à des affrontements militaires là-bas », a-t-elle en effet déclaré.
En Allemagne, la question des réfugiés divise aussi la coalition formée par les conservateurs et les sociaux-démocrates au pouvoir. Les conservateurs bavarois de la CSU réclament que l'Allemagne accepte moins de réfugiés sur son territoire et soutiennent la création de 'zones de transit' à la frontière germano-autrichienne pour accélérer l'examen des dossiers et les expulsions. Mais cette idée est rejetée par le parti social-démocrate SPD.
Sommet européen informel le 12 novembre à Malte
À noter que le président du Conseil européen, Donald Tusk, a convoqué un sommet européen informel sur le défi migratoire, jeudi 12 novembre, en marge du sommet UE/Afrique à La Valette (Malte). (Solenn Paulic)