Bruxelles, 30/10/2015 (Agence Europe) - Plusieurs groupes politiques ont salué, jeudi 29 octobre, l'obtention par Raif Badawi du Prix Sakharov 2015 (EUROPE 11421) et appelé à la libération du blogueur saoudien.
« En décernant le Prix Sakharov à Raif Badawi, le Parlement européen (PE) reconnaît à sa juste valeur son rôle dans la promotion du débat public en Arabie Saoudite. Nous demandons aux autorités saoudiennes de prendre sérieusement en considération ce signal fort du PE », a souligné la co-présidente du groupe Verts-ALE, Rebecca Harms (allemande). L'autre co-président, Philippe Lamberts (belge), a considéré qu'au-delà de la reconnaissance du combat de M. Badawi pour « promouvoir le débat politique et social », l'octroi du prix était « également un appel en faveur de la liberté d'expression directement adressé aux dirigeants » saoudiens et un « signal clair » à l'UE et aux États membres « pour briser le silence complice sur les violations graves des droits humains et la répression à l'œuvre dans le pays ». « Le PE a adressé un message politique fort et humanitaire aux autorités saoudiennes », a expliqué le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt (belge). Pour Marietje Schaake (ADLE, néerlandaise), ce prix « est une reconnaissance du courage et la détermination à parler librement de Raif Badawi ». « Sa répression symbolise le manque de respect pour les droits de l'homme de toutes les personnes en Arabie Saoudite », a-t-elle ajouté.
M. Badawi « est un symbole mondial de la liberté de parole », a souligné la présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen, Elena Valenciano (S&D, espagnol). Pour Antonio Panzeri (S&D, italien), l'attribution de ce prix « est un honneur à toutes les personnes qui luttent pour la liberté d'expression dans le monde, car tout le monde devrait avoir le droit d'avoir une opinion et de recevoir et de partager des informations et des idées sans ingérence des autorités publiques et sans considération de frontières ». Le président du groupe CRE, Syed Kamall (britannique), s'est dit « ravi » de la victoire de M. Badawi, car, pour lui, le prix Sakharov est un prix pour la liberté de pensée et il ne pouvait « penser à personne de plus méritant qu'un homme emprisonné pour avoir encouragé un débat ouvert dans un pays où cela n'est pas toléré ». (Camille-Cerise Gessant)